"Rentabilité" technique d'une pièce étudiée
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BluePhoenix05
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"Rentabilité" technique d'une pièce étudiée
Une discussion avec un pianiste m'inspire ce fil de discussion.
Dans le choix de répertoire que l'on veut travailler/acquérir, peut se poser cette question d'évaluer si le temps que l'on passera à résoudre telle difficulté technique / passage virtuose (trop) spécifique ne constituera pas finalement un effort disproportionné par rapport à ce que l'on en retirera, soit d'expérience pianistique utile pour progresser ou pour être appliquée dans d'autres oeuvres, ou bien par rapport à la limitation de "temps de musique" jouable en concert, restreignant nécessairement l'acquisition d'autre répertoire que l'on pourrait apprendre durant le même temps.
Avez-vous déjà rencontré cette problématique, eu ce genre de considération, ou bien été déçu du peu de gratification offert par l'apprentissage d'une pièce par rapport à l'effort fourni ?
Quels exemples de pièces présentent ce genre de difficultés hyper spécifiques qu'on ne retrouvera que rarement ailleurs, ayant de quoi décourager, et donc peut-être à éviter ?
Hâte de lire vos avis,
Dans le choix de répertoire que l'on veut travailler/acquérir, peut se poser cette question d'évaluer si le temps que l'on passera à résoudre telle difficulté technique / passage virtuose (trop) spécifique ne constituera pas finalement un effort disproportionné par rapport à ce que l'on en retirera, soit d'expérience pianistique utile pour progresser ou pour être appliquée dans d'autres oeuvres, ou bien par rapport à la limitation de "temps de musique" jouable en concert, restreignant nécessairement l'acquisition d'autre répertoire que l'on pourrait apprendre durant le même temps.
Avez-vous déjà rencontré cette problématique, eu ce genre de considération, ou bien été déçu du peu de gratification offert par l'apprentissage d'une pièce par rapport à l'effort fourni ?
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Quelques traductions de poèmes chinois à ma sauce
https://www.instagram.com/penseesaupinceau
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pianoteur de savoie
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Re: "Rentabilité" technique d'une pièce étudiée
marrant de se poser cette question
pour moi "rentabilité" rime avec professionnel ... un pianiste pro ou en devenir qui a un échéancier, une programmation, une épreuve. Le temps est compté.
pour les autres je remplacerai "rentabilité" par plaisir
pour moi "rentabilité" rime avec professionnel ... un pianiste pro ou en devenir qui a un échéancier, une programmation, une épreuve. Le temps est compté.
pour les autres je remplacerai "rentabilité" par plaisir
Re: "Rentabilité" technique d'une pièce étudiée
C'est bizarre cette notion de rentabilité...
Si de fait on est amateur, la notion de rentabilité est à mon avis assez secondaire.
Quant aux difficultés techniques momentanément insurmontables, je ne vois que deux "remèdes":
- au bout d'un moment, il faut laisser reposer: le facteur temps est indispensable pour que les choses mûrissent. Vous verrez qu'au bout de quelques mois voire plus, ces difficultés seront plus faciles à vaincre quand vous retravaillerez la pièce qui vous a causé problème.
- comme vous l'avez vous-même évoqué, travailler simultanément d'autres pièces pour continuer à enrichir son répertoire et ne pas perdre de temps. De plus, je trouve déraisonnable de se focaliser sur une seule chose au risque de se décourager; à mon avis, il n'y a rien de pire.
Si de fait on est amateur, la notion de rentabilité est à mon avis assez secondaire.
Quant aux difficultés techniques momentanément insurmontables, je ne vois que deux "remèdes":
- au bout d'un moment, il faut laisser reposer: le facteur temps est indispensable pour que les choses mûrissent. Vous verrez qu'au bout de quelques mois voire plus, ces difficultés seront plus faciles à vaincre quand vous retravaillerez la pièce qui vous a causé problème.
- comme vous l'avez vous-même évoqué, travailler simultanément d'autres pièces pour continuer à enrichir son répertoire et ne pas perdre de temps. De plus, je trouve déraisonnable de se focaliser sur une seule chose au risque de se décourager; à mon avis, il n'y a rien de pire.
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Philippe Le French
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Re: "Rentabilité" technique d'une pièce étudiée
Il n'y a aucune "rentabilité" à composer ou a interpréter de la musique, surtout vu d'un coté amateur, ou c'est d'abord le plaisir qui doit primer.
3 semaines à 20 minutes par jour, pour un morceau de 3 minutes 30, le décor est planté, en ce qui me concerne.
3 semaines à 20 minutes par jour, pour un morceau de 3 minutes 30, le décor est planté, en ce qui me concerne.
- Carla Rocío
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Re: "Rentabilité" technique d'une pièce étudiée
Oui, j’ai déjà eu réfléchir à cette question de « rentabilité » que tu as bien fait de mettre entre guillemets. Je pense que même en tant qu’amateurs on le fait tous quand il s’agit de préparer des concerts. Quand il y a cursus scolaire c’est souvent le prof qui le fait pour nous.
Pour ma part la rentabilité maximale (en matière de plaisir et de partage, et donc de progression musicale car c’est ainsi que je définis la progression) sont des pièces qui demandent un certain travail technique pas trop conséquent, mais qui sont qualifiées de difficiles surtout au niveau de la grande grande sensibilité qu’elles requièrent.
Comme par exemple la fantaisie chromatique de Bach, ou la berceuse op57 de Chopin.
Souvent c’est la musicalité qui résoud les problèmes techniques.
Je me fatigue pas trop avec les doigts mais mais quand même assez, et ce que j’en retire en terme de plaisir expressif est énorme, et en plus le public est enchanté et par la technique et par la musicalité.
Pour ma part la rentabilité maximale (en matière de plaisir et de partage, et donc de progression musicale car c’est ainsi que je définis la progression) sont des pièces qui demandent un certain travail technique pas trop conséquent, mais qui sont qualifiées de difficiles surtout au niveau de la grande grande sensibilité qu’elles requièrent.
Comme par exemple la fantaisie chromatique de Bach, ou la berceuse op57 de Chopin.
Souvent c’est la musicalité qui résoud les problèmes techniques.
Je me fatigue pas trop avec les doigts mais mais quand même assez, et ce que j’en retire en terme de plaisir expressif est énorme, et en plus le public est enchanté et par la technique et par la musicalité.
Modifié en dernier par Carla Rocío le lun. 16 mars, 2026 20:06, modifié 1 fois.
Re: "Rentabilité" technique d'une pièce étudiée
Pas du tout un truc que je considère, en tout cas consciemment. Ma barrière va plutôt être de sélectionner des morceaux dont la difficulté ressentie me laisse à penser qu'en moins de 6 mois je pourrais convenablement. Mais on ne gravite pas dans les même sphères de difficulté donc je comprends que ça puisse devenir un paramètre important
Re: "Rentabilité" technique d'une pièce étudiée
J'ai vécu ça récemment. J'ai travaillé comme un fou un trait de Chopin (une gamme ascendante à la MD, ce qui a toujours été un problème pour moi), répété plusieurs centaines de fois pendant deux semaines, à ne rien faire d'autre. Je VOULAIS que ça passe et ça a fini par passer, j'ai dompté ma main droite et gravé cette gamme dans ma main à jamais.
Puis, en essayant d'autres gammes, je me suis rendu compte que ce travail avait bénéficié à toutes. Je joue toutes les gammes bien mieux à la main droite depuis
Je n'avais pas choisi cette pièce spécifiquement pour ça en revanche. Les difficultés que je travaille sont dictées par mon choix de pièces, pas l'inverse.
Pour ce qui est de la rentabilité en fonction du temps passé à résoudre une difficulté, en effet la question peut se poser. Pour moi, sous l'angle "sera-t-il vraiment pertinent de s'acharner si au bout du compte j'y passe trop de temps, jusqu'à me dégoûter complètement de la pièce en question ?"
Puis, en essayant d'autres gammes, je me suis rendu compte que ce travail avait bénéficié à toutes. Je joue toutes les gammes bien mieux à la main droite depuis
Je n'avais pas choisi cette pièce spécifiquement pour ça en revanche. Les difficultés que je travaille sont dictées par mon choix de pièces, pas l'inverse.
Pour ce qui est de la rentabilité en fonction du temps passé à résoudre une difficulté, en effet la question peut se poser. Pour moi, sous l'angle "sera-t-il vraiment pertinent de s'acharner si au bout du compte j'y passe trop de temps, jusqu'à me dégoûter complètement de la pièce en question ?"
Rachmaninoff - Chopin - Liszt. Répéter.
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BluePhoenix05
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Re: "Rentabilité" technique d'une pièce étudiée
Amusant comme le terme de "rentabilité" peut cristalliser de réticences, rejet, voire mépris.
J'assume totalement de rechercher la plus grande efficacité et productivité dans mon travail et temps passé au piano. Travail n'est pas antonyme de plaisir (sauf dans le système d'exploitation capitaliste
), c'est la source de découvertes inattendues et insoupçonnées, dans la connaissance de son propre corps, de son esprit, dans l'évolution de son écoute.
Peut-être c'est simplement que dans un parcours, l'intérêt et le potentiel d'une pièce étudiée puis laissée de côté, ne se révèleront que bien plus tardivement, en résonance ou en complément d'autres progrès techniques assimilés entre temps.
Il est bon de savoir ne pas s'acharner et ne pas garder de souvenir amer.
Toutefois je m'interroge encore sur ce qu'on bien pu m'apporter par exemple concrètement l'étude de Ravel et de Scriabine. Parfois je me dis que j'ai passé du temps (excessivement) sur des choses inutilement compliquées sans m'en rendre compte haha, et pas tellement recroisées ailleurs. Et cela se fait au détriment d'autres pièces possiblement tout aussi (sinon plus) intéressantes.
Alors que l'étude d'Albeniz m'a semblé porter de nombreux fruits. Savoir inventer des arrangements de mains astucieux, qui puissent tout de même faire sonner le chant, intégrer des patterns rythmiques, s'accoutumer aux notes étrangères dissonantes... On dit que ça a beaucoup influencé Messiaen sur ce dernier aspect.
Quoi qu'il en soit, parfois le choix de pièces est simplement le résultat de l'appel de sirènes irrésistibles, et tant qu'on aime faire ce qu'on fait, on est davantage porté à le faire bien.
J'assume totalement de rechercher la plus grande efficacité et productivité dans mon travail et temps passé au piano. Travail n'est pas antonyme de plaisir (sauf dans le système d'exploitation capitaliste
Peut-être c'est simplement que dans un parcours, l'intérêt et le potentiel d'une pièce étudiée puis laissée de côté, ne se révèleront que bien plus tardivement, en résonance ou en complément d'autres progrès techniques assimilés entre temps.
Il est bon de savoir ne pas s'acharner et ne pas garder de souvenir amer.
Toutefois je m'interroge encore sur ce qu'on bien pu m'apporter par exemple concrètement l'étude de Ravel et de Scriabine. Parfois je me dis que j'ai passé du temps (excessivement) sur des choses inutilement compliquées sans m'en rendre compte haha, et pas tellement recroisées ailleurs. Et cela se fait au détriment d'autres pièces possiblement tout aussi (sinon plus) intéressantes.
Alors que l'étude d'Albeniz m'a semblé porter de nombreux fruits. Savoir inventer des arrangements de mains astucieux, qui puissent tout de même faire sonner le chant, intégrer des patterns rythmiques, s'accoutumer aux notes étrangères dissonantes... On dit que ça a beaucoup influencé Messiaen sur ce dernier aspect.
Quoi qu'il en soit, parfois le choix de pièces est simplement le résultat de l'appel de sirènes irrésistibles, et tant qu'on aime faire ce qu'on fait, on est davantage porté à le faire bien.
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Re: "Rentabilité" technique d'une pièce étudiée
La question est légitime si tu n'as joué ces études que dans l'optique d'améliorer ta technique. Personnellement quand je joue une pièce ce n'est jamais le but, ça peut être un critère de plus pour choisir un morceau mais il ne se suffit pas à lui-même, le minimum c'est que le morceau doit me plaire musicalement parlant. Du coup tous les morceaux m'apportent ce plaisir musical, si en plus ils me permettent de progresser techniquement tant mieuxBluePhoenix05 a écrit : mar. 17 mars, 2026 12:45Toutefois je m'interroge encore sur ce qu'on bien pu m'apporter par exemple concrètement l'étude de Ravel et de Scriabine.
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BluePhoenix05
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Re: "Rentabilité" technique d'une pièce étudiée
Non non je ne suis pas du genre à aller chercher des suites de notes juste pour faire de la technique
(= exercices).
Mais il m'arrive de partir à l'aventure pour tester des styles avec lesquels je n'ai pas spontanément d'affinités, pour éventuellement tomber amoureux en explorant, ou parfois pas.
Mais il m'arrive de partir à l'aventure pour tester des styles avec lesquels je n'ai pas spontanément d'affinités, pour éventuellement tomber amoureux en explorant, ou parfois pas.
Je parlais d'un point de vue de technique rémployable ailleurs. Pas du point de vue du plaisir de jouer des musiques extraordinaires.BluePhoenix05 a écrit : mar. 17 mars, 2026 12:45Toutefois je m'interroge encore sur ce qu'on bien pu m'apporter par exemple concrètement l'étude de Ravel et de Scriabine.
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Re: "Rentabilité" technique d'une pièce étudiée
J'avais compris, le truc c'est que le terme technique est fourre-tout : se frotter à un style différent sans difficultés d'exécutions particulières c'est aussi bosser sa technique pour moi, dans le sens mobiliser ses moyens dans un contexte musical inédit. Dans le sens commun technique est souvent synonyme de virtuosité, je ne connais pas les oeuvres que tu cites, tu aurais des passages particuliers en tête ?