Je me demande parfois si des paramètres relatifs à notre nature physique ne seraient pas déterminants dans notre capacité à relever les défis.
Dans mon cas personnel, je remarque bien souvent que l’énergie physique me fait défaut, ne serait-ce que pour enchaîner des séquences que je suis capable d’affronter séparément mais beaucoup plus difficilement en les enchaînant ; mais également la force de concentration mentale : l’accumulation d’événements simultanés aux deux mains, surtout lorsqu’il y a beaucoup d’altérations, demandent - il me semble - une clarté intellectuelle que je ne mobilise pas toujours très aisément.
Comment évaluez-vous cet aspect du jeu instrumental dans votre pratique personnelle ? Faut-il être une « force de la nature » pour être un bon pianiste ?
L’endurance, l’énergie physique et la force de concentration
Re: L’endurance, l’énergie physique et la force de concentration
Oui, réussir à jouer plusieurs séquences séparément c'est un travail, les lier ensemble en est un autre qui réserve parfois de mauvaises surprises.Durtal a écrit : mer. 21 janv., 2026 13:25 ne serait-ce que pour enchaîner des séquences que je suis capable d’affronter séparément mais beaucoup plus difficilement en les enchaînant
Là je ne comprends pas. Pour moi, le nombre d'altérations n'a pas d'impact sur la complexité, encore moins sur l'endurance
Rachmaninoff - Chopin - Liszt. Répéter.
Re: L’endurance, l’énergie physique et la force de concentration
Pas besoin d'énergie physique pour bien jouer du piano, enfin tant qu'on reste dans une moyenne "standard", il n'y a qu'à voir l'étendue des morphotypes des pianistes pro pour s'en convaincre. Mentalement par contre c'est une activité redoutable. Sur le point spécifique d'enchaîner les séquences, prenons un exemple où tu travaillerais mesures 1 et 2 séparément, il faudrait aussi travailler mesure 1 + 1er temps mesure 2 et dernier temps mesure 1 + mesure 2. Musicalement ça ne fait pas forcément sens mais mécaniquement ça aider bien
- Carla Rocío
- Messages : 2974
- Enregistré le : ven. 25 déc., 2020 9:07
- Mon piano : Hoffmann P188
Re: L’endurance, l’énergie physique et la force de concentration
Une force de la nature je sais pas, mais si je suis fatiguée je peux pas jouer, car j’ai rien à mettre dans le piano du coup y a pas de plaisir à jouer !
Je pense que la concentration est comme un muscle qui gagne en endurance si on l’utilise souvent. Je distingue aussi concentration pour interpréter une pièce dans son ensemble et concentration pour travailler des séquences et décortiquer l’œuvre. Les deux se développent à l’usure selon mon expérience. Je suis très contente d’être maintenant capable de travailler 2-3h d’affilée, c’était pas le cas avant.
Dans tous les cas, de la concentration il en faut toujours, le seul moment où il n’y en a pas besoin de c’est lors d’improvisation libre, sans chercher à faire de bonnes harmonies. Mais sans énergie physique ça ira pas loin..
Je pense que la concentration est comme un muscle qui gagne en endurance si on l’utilise souvent. Je distingue aussi concentration pour interpréter une pièce dans son ensemble et concentration pour travailler des séquences et décortiquer l’œuvre. Les deux se développent à l’usure selon mon expérience. Je suis très contente d’être maintenant capable de travailler 2-3h d’affilée, c’était pas le cas avant.
Dans tous les cas, de la concentration il en faut toujours, le seul moment où il n’y en a pas besoin de c’est lors d’improvisation libre, sans chercher à faire de bonnes harmonies. Mais sans énergie physique ça ira pas loin..
Re: L’endurance, l’énergie physique et la force de concentration
Pour moi, si. Beaucoup d’altérations venant enrichir l’harmonie demandent plus de mémoire et d’attention que si l’on joue une séquence dans une tonalité bien stable. Là, je l’expérimente en particulier dans un passage de Rimsky Korsakov, où se succèdent de riches harmonies assez rapidement. J’ai mis beaucoup de temps à ne pas mettre à côté. Et encore, ce n’est pas tout à fait propre.Chtilli a écrit : mer. 21 janv., 2026 13:42Oui, réussir à jouer plusieurs séquences séparément c'est un travail, les lier ensemble en est un autre qui réserve parfois de mauvaises surprises.Durtal a écrit : mer. 21 janv., 2026 13:25 ne serait-ce que pour enchaîner des séquences que je suis capable d’affronter séparément mais beaucoup plus difficilement en les enchaînant
Là je ne comprends pas. Pour moi, le nombre d'altérations n'a pas d'impact sur la complexité, encore moins sur l'endurance
Re: L’endurance, l’énergie physique et la force de concentration
Le plus difficile est d’enchaîner de longues séquences. Même dans une pièce assez courte de Chopin, au bout d’une longue séquence de deux pages, par exemple, mon cerveau est lessivé. Je dois m’arrêter un moment pour reprendre la suite.fritz a écrit : mer. 21 janv., 2026 15:17 Pas besoin d'énergie physique pour bien jouer du piano, enfin tant qu'on reste dans une moyenne "standard", il n'y a qu'à voir l'étendue des morphotypes des pianistes pro pour s'en convaincre. Mentalement par contre c'est une activité redoutable. Sur le point spécifique d'enchaîner les séquences, prenons un exemple où tu travaillerais mesures 1 et 2 séparément, il faudrait aussi travailler mesure 1 + 1er temps mesure 2 et dernier temps mesure 1 + mesure 2. Musicalement ça ne fait pas forcément sens mais mécaniquement ça aider bien
Re: L’endurance, l’énergie physique et la force de concentration
Ok, je pensais qu'on parlait d'altérations à la clé. Pour les altérations accidentelles, il s'agit souvent de modulations qui ne disent pas leur nom
Rachmaninoff - Chopin - Liszt. Répéter.
Re: L’endurance, l’énergie physique et la force de concentration
Je réalise qu’il faut être ultra attentif, même pour les passages assez simples, sinon le jeu devient imprécis.Carla Rocío a écrit : mer. 21 janv., 2026 17:14 Une force de la nature je sais pas, mais si je suis fatiguée je peux pas jouer, car j’ai rien à mettre dans le piano du coup y a pas de plaisir à jouer !
Je pense que la concentration est comme un muscle qui gagne en endurance si on l’utilise souvent. Je distingue aussi concentration pour interpréter une pièce dans son ensemble et concentration pour travailler des séquences et décortiquer l’œuvre. Les deux se développent à l’usure selon mon expérience. Je suis très contente d’être maintenant capable de travailler 2-3h d’affilée, c’était pas le cas avant.
Dans tous les cas, de la concentration il en faut toujours, le seul moment où il n’y en a pas besoin de c’est lors d’improvisation libre, sans chercher à faire de bonnes harmonies. Mais sans énergie physique ça ira pas loin..
- quazart
- Messages : 7124
- Enregistré le : dim. 04 juin, 2017 0:06
- Mon piano : Yamaha C1X
- Localisation : ND du Guildo (22)
Re: L’endurance, l’énergie physique et la force de concentration
La nature physique, oui : le manque de tonicité, bien sûr que ça joue ! Et ça n'a rien à voir avec la force musculaire, c'est étroitement lié à un état psychologique peu dynamique,.Durtal a écrit : mer. 21 janv., 2026 13:25 Je me demande parfois si des paramètres relatifs à notre nature physique ne seraient pas déterminants dans notre capacité à relever les défis.
Pratiquer une activité physique régulière est un moyen de se tester et de s'améliorer