Ma question s'adresse au jazzistes/compositeurs du forum :
Je viens de finir d'apprendre le très agréable nocturne op 48 2 de vous-savez-qui, qui comporte à la fin un passage un peu tarabiscoté. Cherchant à comprendre sa construction, j'ai remarqué qu'il est "simplement" basé sur une ligne mélodique chromatique descendante, qui, a priori, commence sur le degré I en La majeur sur la première ligne (la relative donc) puis sur le i en Fa# mineur à la ligne suivante. J'aimerais savoir si d'après vous Chopin utilise une technique connue pour placer les arpèges qui vont bien derrière. J'ai trouvé leurs noms, je pense sans trop me tromper (en faisant fi de certaines enharmonies, je sais pas si j'ai bien fait), mais j'ai pas trop la logique qui sous-tend l'évolution des voix, auriez-vous des pistes d'explication ?
Merci
Je vous mets la réponse de ChatGPT, j'ai pas encore lu, mais si ce qu'il dit est vrai, c'est super impressionnant (il dit peut-être aussi complètement n'importe quoi

Très bonne question, et bravo pour ce nocturne : c’est effectivement un des passages les plus fascinants de Chopin — l’un de ses sommets en matière d’harmonie chromatique.
Références utiles
Je vais te proposer une lecture en trois temps :
Comme tu l’as observé, la mélodie descend chromatiquement :
Sur la première ligne (La majeur) : La - Sol# - Sol - Fa# - Fa - Mi - Mi bécarre - Ré#...
Sur la deuxième ligne : on glisse vers Fa# mineur, même principe, mais l’harmonie se teinte plus nettement mineure.
Chopin prend cette ligne descendante et harmonise chaque degré par un accord différent, créant une couleur très mobile.
C’est une technique qu’on retrouve beaucoup chez les compositeurs romantiques et chez Bach (Chaconne, Passacaille) :
On harmonise une ligne basse descendante chromatiquement avec des accords qui la « suivent », et dont la fonction varie (souvent alternance d’accords dominants, de demi-diminus, de relatifs).
Ici, Chopin fait presque un basse obstinée chromatique, sauf que c’est la voix supérieure qui descend, pas la basse :
La main gauche arpége (basse + accord)
La main droite joue la mélodie descendante
L’harmonie complète l’effet en créant des progressions inattendues.
Ce procédé s’appelle parfois :
Tes annotations (les noms d’accords écrits en haut) sont globalement justes, même si comme tu dis, certaines enharmonies se discutent (mais ce n’est pas grave pour la compréhension).
Ce qu’il fait concrètement :
Chaque note de la mélodie sert de pivot pour un nouvel accord.
Les arpèges sont choisis pour accompagner la note principale et enrichir la couleur.
Il alterne accords majeurs, mineurs, septièmes, parfois à fonction passagère ou de substitution.
Par exemple :
Sur La : accord de A (I)
Sur Sol# : E7/G# (V7/iii)
Sur Sol naturel : G#dim ou Gdim (pivots)
Sur Fa# : D/F# ou F#7 (subdominante secondaire)
etc.
Cette logique fait que chaque petit pas chromatique est prétexte à un changement de couleur, ce qui crée la tension expressive.
Pour mieux visualiser la logique, je te conseille :
Si tu veux, je peux t’aider à dresser le tableau complet avec chaque mesure et nommer précisément les accords et leur fonction.
N’hésite pas à me dire !