fritz a écrit : mar. 27 janv., 2026 7:30
J'ai découvert avec joie que l'intégralité des James Bond a intégré le catalogue Netflix. Le très bon y côtoie le très mauvais, goldfinger est le premier joyau de la saga, l'épisode qui trouve la formule qui en fera la recette pendant très longtemps : un méchant charismatique au plan diabolique autant que compliqué, un homme de main aux méthodes inhabituelles, une voiture truffée de gadgets présentés par un M qui sait bien qu'elle ne sera jamais restituée après la mission, des jolies pépés qui ne résistent pas au charme de 007 (ici la suave bestialité de l'agent secret le moins discret du monde arrive même à "convertir" une lesbienne, autre époque ...), le tout baigné par les cuivres d'un John Barry toujours très inspiré. Connery a très longtemps été mon Bond préféré, mon coeur balance aujourd'hui avec Craig qui a relevé le défi brillamment, et vous c'est qui ?
Un jour, j’ai réalisé que je ne connaissais pas bien James Bond, et ça m’a donné l’idée de tous les regarder dans l’ordre chronologique, ce qui m’a pris des mois. Mais je me suis arrêté à Brosnan. Je n’ai encore vu aucun Craig. Le schéma classique se met rapidement en place, avec un adversaire mégalomane, déjà bien présent dans les romans, puis dans la première adaptation filmée, avec
Casino Royale, pour la télévision américaine dans les années 1950 (je ne l’ai pas vu), où le héros s’appelle Jimmy Bond et travaille pour la CIA, puis avec les débuts de la production Eon, avec
Dr. No. Les gadgets font leur apparition dans le suivant,
Bons baisers de Russie.
Quant à
Goldfinger, il fait surtout figure d’exception à cause de son générique, conçu par le génial graphiste Robert Brownjohn, qui avait aussi conçu le générique de Bons baisers de Russie. Malheureusement, Brownjohn s’est brouillé ensuite avec les producteurs, ce qui l’a écarté des épisodes suivants, puis il est mort assez jeune en 1970. Les producteurs rappellent donc Maurice Binder, qui avait déjà fait le générique de
Dr. No, et fera tous les suivants pendant 30 ans jusqu’à l’ère Timothy Dalton, dans un style très particulier que personnellement je trouve d’assez mauvais goût.
Donc
Goldfinger n’est pas complètement un prototype. Il est assez unique pour son esthétique marquée par le style très artistique de Brownjohn, que l’on perd par la suite.
Outre
Goldfinger, j’ai apprécié
Bons baisers de Russie,
Au service secret de Sa Majesté (j’ai bien aimé le duo Lazenby et Diana Rigg, Lazenby a fait une belle bêtise d’ailleurs de refuser d’endosser durablement le rôle, il était parfait, c’est bien dommage),
L’homme au pistolet d’or et
Moonraker.
Ainsi que le retour tardif de Connery dans les années 80 avec le remake d’Opération Tonnerre :
Jamais plus jamais, réalisé en dehors de la série officielle.
Après, dans la série récente, on cesse d’adapter les romans de Fleming, et je trouve que ça devient moins intéressant. J’ai assez détesté l’ère Brosnan, quoique j’aime bien l’acteur. Le massacre des romans de Fleming avait d’ailleurs commencé dès l’époque de Roger Moore. Et un roman en particulier n’a jamais vraiment été adapté :
L’espion qui m’aimait, parce que Fleming l’avait interdit, n’autorisant que l’utilisation du titre (les producteurs ont pris la liberté d’utiliser également le personnage Horovitz surnommé « L’horreur », parce qu’il dispose d’une mâchoire d’acier). Il n’y a d’ailleurs pas grand-chose d’exploitable dans ce roman pour l’intégrer à la série Eon, puisque Bond n’y apparaît qu’à la fin pour sauver l’héroïne. Il n’y est quasiment pas question d’espionnage. Ça pourrait faire un bon film psychologique, par contre.