Le coin lecture (technique, biographie,romans, etc)

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Barcarolle
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Re: Le coin lecture (technique, biographie,romans, etc)

Message par Barcarolle »

roulroul2 a écrit : mar. 27 oct., 2020 14:34 Aie aie aie, j'ai un peu peur de rabaisser un peu le niveau :oops: ... Bah, tant pis, je me lance. Je n'irais pas jusqu’à a parler de passion, mais plutôt de véritable intérêt en ce qui concerne le Classique, ce qui est déjà pas mal. Ça fait un bout de temps que j'écoute du classique assez régulièrement, que me documente sur la vie des compositeurs, de leurs rapports avec l'histoire...Sauf que tout ça est un peu de manière désordonnée, sans fil conducteur, et comme le sujet est quand même assez vaste, il y a de quoi faire..J''aimerais trouver un bouquin qui va a l'essentiel, et surtout pas trop technique. J'avais pensé a ça, pour les journées de confinement a venir, ou les soirées d'hiver, qui connait ? Ou bien avez vous des choses a proposer :
CVT_La-musique-classique-pour-les-nuls-1CD-audio_2936.jpeg
Moi je l'ai !
C'est bien fait, agréable à lire, pas trop technique. C'est un bon premier bouquin d'introduction avant d'aller plus loin. Ces livres "pour les nuls" sont en général très bien faits et tout de même assez complets, j'en ai sur plusieurs thèmes.
Je te le conseille bien qu'un peu superficiel si tu as déjà lu des choses sur le classique et les compositeurs. Il y a des chapitres avec des conseils pour aller en concert, des biographies très courtes sur les compositeurs principaux… c'est vraiment l'essentiel plutôt conçu pour découvrir le classique.
Je me suis plus récemment offert l'histoire de la musique occidentale trouvé d'occasion. Il va plus loin, c'est un pavé avec des biographies plutôt détaillées sur les compositeurs, des explications sur les différentes formes musicales etc. C'est exhaustif, mais c'est moins facile à lire.
roulroul2
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Re: Le coin lecture (technique, biographie,romans, etc)

Message par roulroul2 »

Merci pour ta réponse, livre commandé ! 14 euros avec frais de port, édition neuve et emballée avec CD. Il y a aussi toute une flopée "pour les nuls", sur Beethoven, Mozart, Bach, Vivaldi...
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Presto
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Re: Le coin lecture (technique, biographie,romans, etc)

Message par Presto »

BM607 a écrit : lun. 26 oct., 2020 20:20 Je veux bien ton retour quand tu auras lu le Gardiner :D

BM
C'est vraiment une somme. En gros les 150 premières pages sont l'analyse du contexte, historique, familial et musical. C'est certainement ce que j'ai lu de plus éclairant sur les baroques avant Bach, un tableau très clair des innovations de Monteverdi, comment on les retrouve dans Bach puis de l'entre deux, Schutz, Purcell, j'en oublie. Il situe Bach face à ses contemporains, Haendel, scarlatti, Matthesson, Telemann, Rameau.
Puis vient la présentation du personnage à la lumière de ce que l'on sait, l'érudition est impressionnante et tient compte des dernières trouvailles (les travaux sur les manuscrits notamment), et de sa musique, Gardiner n'a pas son pareil pour l'interroger afin d'en apprendre sur l'homme sans que l'on tombe dans des suggestions psychologisantes et aventureuses. C'est très rigoureux. Bach en sort plus humain, moqueur parfois, un peu comme le faisait Haydn face à ses employeurs.
Gardiner est très concret, on voit l'homme durant les 150 pages qui suivent, dans sa foi, son rapport direct avec Luther puis dans la vie quotidienne, il s'emporte, se défend, trace ses lignes sur le papier, l'économise, travaille dans la salle attenante à la salle de classe dans une agitation perpétuelle. On voit ses coups de sang (il a la main leste :lol: ), comment il prend les rênes du clan Bach etc.
Les 300 dernières pages sont une analyse de l'oeuvre toujours en rapport avec l'homme, sa science, son idée de la religion, son rapport au langage. 100 pages sur les cantates, 100 pages sur les Passions avec une belle remise à l'honneur de la saint Jean, un très beau chapitre sur la messe en si. Les motets aussi. C'est du lourd !
Bref, le type même de bouquin qu'il faut relire en prenant le temps de l'écouter, et ça va en demander beaucoup tellement les analyses sont fines et les oeuvres étudiées nombreuses ...
Très différent du cantagrel, plus concret à certains égards, moins "complet" aussi car toute l'oeuvre instrumentale passe à la trappe. Mais plus précis certainement pour la musique sacrée. Bref, indispensable mais peut-être pas le livre par où commencer en raison de ses choix.
Quand on referme le livre on se dit évidemment qu'il y a dans Bach quelque chose de surhumain vue la quantité de sa géniale production car à cette vie bien remplie que nous raconte Gard' il faut ajouter toute l'oeuvre instrumentale... On se demande aussi comment Gardiner a trouvé le temps d'écrire cette somme avec aussi pour lui une carrière de premier plan et bien remplie...
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BM607
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Re: Le coin lecture (technique, biographie,romans, etc)

Message par BM607 »

Merci pour le retour détaillé.
Ca semble intéressant effectivement pour quelqu'un (comme moi) qui a déjà lu le Cantagrel, pour complément.
Je vais le mettre dans la liste de mes cadeaux de Noël (si Noël il y a, sinon ça sera pour une autre okaze).

BM
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Christof
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Re: Le coin lecture (technique, biographie,romans, etc)

Message par Christof »

Quelques remarques concernant Bach [martelés] - à partir de motifs pris à sa vie
Sotie

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Il y a pour moi des livres qui sont des ravissements. Tout d'abord par la façon dont ils me sont tombés dans les mains.
Là, c'était au début de la deuxième vague du confinement ; où l'on a appris que toutes les librairies seraient fermées.
C'était compter sans les ressources infinies de l'esprit : passant devant cette librairie rue du Jourdain, quelle ne fut ce bonheur de découvrir qu'elle était restée ouverte. La ruse avait été trouvée en écrivant "Vente à emporter" sur la devanture... Avec un comptoir créé dehors, devant la porte. Impossible d'entrer mais il suffisait alors de demander à Georges-Marc le livre qu'on souhaiterait lire. S'il l'avait, pour pouviez l'emmenez tout de suite. Sinon, il se débrouille avec son réseau de libraires sympas comme lui, pour vous l'avoir en moins de deux...
Ce "Quelques remarques concernant Bach", je ne savais même pas qu'il existait. Sauf qu'il était posé-là, sur le comptoir. Un seul exemplaire.
Alors forcément, j'ai sauté sur l'occasion (j'en ai profité d'ailleurs pour en acheter pas mal d'autres, de livres, histoire d'apporter mon soutien).

Le ravissement ensuite parce qu'il y a comme du Proust dans ce petit livre de 59 pages. Du style !
Il faut dire qu'il fait partie d'un groupe de trois autres ouvrages ayant pour objet la vision, chacun prenant pour l'affronter une forme différente. Celui-ci a l'apparence d'un récit fabriqué et traditionnel, sous-titré "sotie". "Tout le péché d'aveuglement, comme toute la vertu de la clairvoyance appartenant de plein droit au voir - à l'oeil de l'homme...". C'est le sens de cette phrase d'Althusser, son exergue, qu'il cherche à expliciter en particulier, mais en plaçant ici sa focale sur la perception même, dans celle des situations les plus quotidiennes.
(nb :Louis Althusser avec cette phrase explique qu’il y a une manière un peu courte, et pourtant répandue d’envisager ce que c’est que de « ne pas voir » ce qu’on devrait voir et même, puisqu’on l’a exactement sous les yeux, devrait voir très distinctement. Cette manière courte d’envisager la « bévue » consiste à la dire produite par des distractions, par des absences, de qui observe). On pourrait dire, par exemple "il n’a pas vu ce qu’il avait pourtant sous les yeux, il n’a pas saisi ce qu’il avait pourtant sous la main".

Voilà ce qu'on peut lire en quatrième de couverture :
"Une jeune fille allemande de vingt ans, dans l'église de Lübeck où joua Buxtehude quand Bach vint à pied l'entendre, depuis la Thuringe, est persuadée que cet orgue du transept qu'on lui a montré enfant au cours d'une sortie scolaire est le plus grand d'Europe : qu'implique et décide pour sa perception et son avenir ce savoir le plus simple ?".

Le ravissement parce que le narrateur nous conte vraiment une histoire. Celles des notes martelées (on apprendra qu'il s'agit de celles jouées au pédalier de l'orgue, celles de la Passacaille). Mais là n'est pas vraiment le sujet, ni d'ailleurs celui d'en apprendre beaucoup plus sur Bach, même si sont cités des textes provenant des ouvrages Johan Sebastian Bach (de Werner Felix) ; Soli deo gloria (de Christoph Rueger) ; ou même Les métamorphoses d'Ovide.
Non, il s'agit plus ici d'une ambiance, d'un souvenir, de quelque chose qui vous a marqué, encore enfant, qui viendra se rappeler à vous au cours de votre vie.
Il s'agit aussi de cette magnifique façon de l'écrire !

"Il me faut constater que (...) je ressens une difficulté immense, lorsque je réentends la passacaille, la pièce d'orgue de Bach, si souvent jouée par la jeune fille quand je montais la trouver au balcon, à arracher mon attention à la ligne terriblement lourde et brutale, qui lui sert d'armature, et qui se répète obstinément dans les basses, au pédalier, obsessionnellement, quand au contraire, dans les débuts où je découvris l'oeuvre, dans l'église - au milieu de l'escalier sombre, puis au balcon - je n'entendais même pas cette ligne : je pourrais même dater avec précision à l'inverse (car on remarque une irruption soudaine et inattendue beaucoup plus évidemment qu'un effacement progressif, qu'une lente disparition, ou corrosion) le jour où je l'entendis la première fois - effaré d'ailleurs d'y avoir été sourd si longtemps, comme on découvrirait sur un tableau qu'on aime et qu'on croit connaître, non pas un détail quelconque et décentrée (un petit animal entre deux herbes ou sous les pierres, un visage caché entre les buissons), mais une détermination, absolument centrale et éminente, structurante - qu'il nous paraît parfaitement inconcevable , désormais, de ne pas avoir aperçue tout aussitôt. Avant ce jour, pour cette raison si facile à dater celui-là, mon attention s'accaparait sur les phrases souples et complexes, démultipliées, supérieures, qui viennent, dans cette musique, avec la vivacité de plantes furieuses, d'animaux excessifs, assoiffés (et comme jetés dans des poursuites - à la vie, à la mort) se greffer à l'armature du thème, s'y enrouler énergiquement, avec envie et puissance, jusqu'à faire oublier cette phrase même sur laquelle tout s'appuie : comme si d'ailleurs elles ne travaillaient de toutes leurs forces en effet qu'à son effacement, à son emportement, à son oubli. Aujourd'hui (et ce constat désole mon esprit, qui le fait) il n'y a plus qu'avec la version très lente de Karl Richter, dont j'ai trouvé un disque récemment, que je parviens à réentendre, au moins partiellement, l'effet réel de cette musique - sans rester prisonnier du martèlement impérieux, brutal, qui ne cesse de se répéter à la basse et sur lequel, à l'écoute des autres enregistrements, mon attention reste maintenant empêtrée lamentablement, comme de la ronce."

(...)

"Le regard à peine surpris qu'en côté, sans dévier rien dans son jeu, jette vers moi la musicienne en entendant s'ouvrir la porte à sa gauche, et qu'elle reprend aussitôt pour le rendre aux notes de la partition, aux claviers d'en face d'elle, ne m'arrête plus. Je viens me placer derrière elle, qui exactement comme si je n'étais pas là ou comme si elle ne m'avait vu entrer, continue à faire progresser les constructions gigantesques et furieuses, de la fugue. Je caresse longtemps cette nuque tendue, ma main passée sous ses cheveux. Le dos reste d'une roideur d'acier, et droit comme celui d'une cavalière au manège, malgré les embardées, à quoi l'obligent les brutales descentes, les brusques écarts requis par la partition : à maintes reprises un bras, dans l'urgence, part se porter à l'extrémité ou l'autre d'un clavier - mais le buste conserve sa parfaite immobilité et roideur, comme si ce bras ne lui appartenait pas vraiment ou comme s'il ne tirait sa force et ses commandements, non de lui, le buste, mais à l'inverse, de l'orgue lui-même, et de son énergie. Aucun mouvement ne fait osciller la masse énorme des cheveux ; mais par à-coups, inexplicablement, la nuque se brise, laisse s'en aller la tête en avant, comme tombant, comme morte sans que je sache si cela est un effet du contact de ma main sur elle ou si ces chutes se produisent aussi quand l'organiste joue toute seule, causée alors par la seule musique. (...) Pourtant, quand je vois, à la page qu'elle tourne maintenant, que les portées n'en remplissent plus que la moitié supérieure et que la musique s'apprête à entrer dans ses toutes dernières mesures, je prends peur du silence qui va suivre. Ma main quitte la nuque, et je disparais dans l'escalier".

(...)

"Mes visites au balcon d'orgue se poursuivirent plusieurs mois et restèrent parfaitement secrètes - à l'exception d'une. Je veux croire que la force qu'elles conservent en mon souvenir aujourd'hui provient de ce que toutes furent semblables à la première. Il se peut que la jeune fille jouât mieux vers la fin qu'au début ; que son jeu ait avec le temps gagné en assurance, en maturité (je n'ai jamais assez bien su ni compris la musique pour être en état d'en juger) ; il se peut - il faut, même - que son corps ait changé ; et que cette nuque, par exemple, où se posait ma main, ait crû, elle aussi ; que les cheveux se soient lentement allongés au fil des semaines, et, une fois ou deux peut-être, brusquement raccourcis. Mais tout reste en mon souvenir, pour toutes celles qui la suivirent, absolument identique à la première fois "
Modifié en dernier par Christof le dim. 15 nov., 2020 17:31, modifié 8 fois.
roulroul2
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Re: Le coin lecture (technique, biographie,romans, etc)

Message par roulroul2 »

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Marie-Anne
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Re: Le coin lecture (technique, biographie,romans, etc)

Message par Marie-Anne »

Bonjour,

Je voulais vous signaler la prochaine parution d'un recueil de proses poétiques en relation avec la musique classique et aussi, un peu, le jazz.
Il y est aussi question de maladie psychique et d'accidents de la vie.
Parmi les compositeurs cités : Bach, Mozart, Beethoven, Rossini, Debussy, Ravel, Bill Evans, Miles Davis etc.
J'en suis l'autrice, le titre de l'ouvrage est "La Portée de l'ombre" et l'éditeur est Rafaël de Surtis. Le prix est de 15 euros.

Vous pouvez participer à la souscription, si ça vous dit.

Plus d'informations et des extraits à lire en suivant ce lien :

https://laboucheaoreilles.wordpress.co ... scription/

Merci de votre intérêt !
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