Défi : qu'entendez vous ?

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Christof
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Re: Défi : qu'entendez vous ?

Message par Christof » ven. 12 juil., 2019 20:18

barb a écrit :
ven. 12 juil., 2019 20:06
Bonsoir Christof,
j'ai très envie de connaître l'histoire derrière cette musique,
Merci Barb, Mh_piano, EmVInce et Jazzy pour vos commentaires.

Je ferai un retour très détaillé sur ce morceau avant minuit, avant que le carrosse ne se transforme en citrouille (puisque le défi pour chaque morceau ne dure qu'une journée, juste un peu plus que les éphémères).
N'hésitez pas à laisser des commentaires sur le morceau d'ici-là.

Je le remets ci-dessous. Ce morceau raconte toute une histoire... Que vous évoque-t-il en l'écoutant ?


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EMVince
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Re: Défi : qu'entendez vous ?

Message par EMVince » ven. 12 juil., 2019 23:07

Bonsoir, aïe j'ai vraiment eu du mal à rentrer dedans à la premire écoute ... C'est pas que que j'aime pas, je trouve ca apréciable, mais ca n'a évoqué aucune image en moi, juste celle d'une naissance au tout début, un petit (animal ou humain ?) qui vient au monde et découvre ce qui l'entoure. Et après plus rien, je n'ai rien entendu d'autre que la musique, sans que ca eveille des images. Je tente une deuxième écoute.

Et bien après deuxieme écoute ... rien, des petits bruits sylvestres à la limite de temps en temps. Mon manque d'imagination me terrifie. Pourtant je m"étais placé dans de bonnes conditions, étendu sur mon lit, les yeux fermés, des écouteurs de bonnes qualité, de la bonne volonté. Mais rien à faire, je n'arive pas à concentrer sur la musique, mes pensées vont toujours fixer sur un objet que n'a rien à voir avec la musique, et objets qui n'ont rien de poétiques, des truc très centrés problemes courants ...En meme temps la "pression" que je me suis proposé, m'incitant à chercher des trucs à dire, cela ne m'a sans doute pas aidé non plus.
Grand merci tout de même Christof pour ta proposition, la lecture des autres commentaires ne me sera sans doute pas seulement bénéfique, mais nécéssaire pour approcher cette oeuvre.

Edit : aussi je me suis fait la reflexion que les histoires qui risquaient de me venir à l'esprit allaient être déjà vue, genre une promenade dans la nature romantique, ou bien l'histoire d'une vie avec ses étapes ... Cela est sans doute lié au fait que je n'ai pas vécu grand chose dans ma vie :/
Oui, j'ai vraiment hate de lire ton commentaire Christof !
Modifié en dernier par EMVince le ven. 12 juil., 2019 23:43, modifié 1 fois.
J'ignore pourquoi la neige est blanche ...
Mais ca ne m'empêche pas de la trouver très belle !

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EMVince
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Re: Défi : qu'entendez vous ?

Message par EMVince » ven. 12 juil., 2019 23:19

J'en profite pour rappeler une petit règle : 1 seul morceau par jour les amis, et aujourd'hui c'est celui de Christof :D
J'ignore pourquoi la neige est blanche ...
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Christof
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Re: Défi : qu'entendez vous ?

Message par Christof » sam. 13 juil., 2019 2:50

Voilà, journée finie.... minuit passé, alors voici le commentaire.

Tout d'abord, concernant le morceau, il s'agissait de "Cerulean skyes", pièce composée et dirigé par Maria Schneider, issue de son disque "Sky Blue", sorti en 2008

Image

Composition de l'orchestre :
Steve Wilson: saxophones alto et soprano, flute, alto flute, ;
Charles Pillow: saxophone alto , clarinette, piccolo, flute, flute alto, flute basse;
Richard Perry: saxophone tenor, flute ;
Donny McCaslin: saxophone tenor , clarinette;
Scott Robinson: saxophone baryton, clarinette, clarinette basse;
Tony Kadleck: trompette, bugle;
Jason Carder: ttrompette, bugle;
Laurie Frink: trompette, bugle;
Ingrid Jensen: trompette, bugle;
Keith O'Quinn: trombone;
Ryan Keberle: trombone;
Marshall Gilkes: trombone;
George Flynn: trombone basse et trombone contrebasse ;
Ben Monder: guitare ;
Frank Kimbrough: piano; J
Jay Anderson: contrebasse;
Clarence Penn: Batterie;
Gary Versace: accordéon
Luciana Sousa: voix;
Gonzalo Grau: percussion ;
Jon Wikan: cajon, percussion

Présentation de Maria Schneider :
Avant de vous parler de l'histoire, un petit mot sur Maria Schneider dont je reprends le texte sur Wikipédia (et je le fais d'autant plus que j'en suis l'auteur) :

Maria Schneider commence l'étude du piano à l'âge de cinq ans avec la pianiste Evelyn Butler qui l'initie à la musique et à la théorie du classique, tout en faisant quelques incursions dans le répertoire du jazz en lui apprenant le piano stride. Maria Schneider s'initie également un peu plus tard à la clarinette et au violon.
Elle s'installe à New York en 1985 après des études à l’université du Minnesota (1979 à 1983), l’université de Miami (1983 à 1984) et à l’Eastman School of Music (où elle approfondit notamment ses connaissances en matière d'écriture auprès de Bill Dobbin et Rayburn Wright).

Elle s'adresse alors à Bob Brookmeyer pour parfaire la composition, ce qui l'amènera à signer ses premiers arrangements pour le grand orchestre de jazz de Mel Lewis. Elle devient en même temps l’assistante de Gil Evans, travaillant avec lui sur divers projets, notamment sur le film La Couleur de l'argent et sur la tournée musicale de Gil Evans et de Sting en 1987.
Travailler avec ces deux maîtres de l'écriture pour big band a porté Maria Schneider à développer son propre son, absolument original : de Bob Brookmeyer lui est venue la façon d'organiser ses compositions en larges structures complexes, les morceaux ne pouvant plus alors être vus comme simples prétextes à une suite de solos des musiciens ; de Gil Evans, la finesse du mariage des couleurs instrumentales, digne de la précision et de la clarté d'un Maurice Ravel.

Elle monte The Maria Schneider Jazz Orchestra en 1993, qui, pendant cinq ans, se produit tous les lundis soirs à New-York au Visiones, club de jazz situé dans Greenwich Village, et joue dans de nombreux festivals, notamment en Europe.

Maria Schneider est une des premières artistes à utiliser la plate-forme ArtistShare pour produire et diffuser sa musique. Fervente acteur de la défense du droit d'auteur des créateurs de musique, elle a collaboré en ce sens avec des législateurs et la Bibliothèque du Congrès. Ces efforts l'ont amenée à témoigner devant le sous-comité du Congrès sur la propriété intellectuelle en mars 2014, se prononçant notamment contre Spotify et le streaming. Cette plate-forme lui permet également d'être en contact avec son public qui est appelé à participer financièrement à la production de ses enregistrements.

L'histoire que raconte ce morceau :

En mai, à Central Park, arrivent des milliers d'oiseaux, venus d'une longue migration (vol sur des milliers de kilomètres, depuis l'Amérique du sud). Ils se reposent là quelques jours puis repartent plus au Nord se reproduire.
Ainsi, en mai, Maria Schneider attends tous ces oiseaux, à Central Park.
Dans cetet composition "Cerulean skyes", Maria Schneider a voulu imaginer leur voyage, cette montée dans les airs, pour ensuite naviguer et voler à la lumière des étoiles, puis cette arrivée à l'aube dans Central Park.

"La première idée qui m'est venue pour Cerulean Skyes m'a fait penser à la terre fertile, riche de ressources naturelles et de vie. Cette idée, qui commence à 1'45, a été au cœur de presque tout ce qui a suivi dans ma recherche les premiers jours de l'écriture. J'ai alors imaginé les textures douces pour piano, accordéon et guitare que vous entendez au début. En elles, je sentais le frémissement des branches d’arbres et l’air humide de la forêt avec l’apparition d’oiseaux. Il n’a pas fallu longtemps pour comprendre que l’excitation que j’éprouvais à observer les oiseaux (à Central Park, en particulier lors de la migration printanière) serait aussi dans cette pièce, qui suit le cours de mon imagination tout en regardant ces créatures", m'a expliqué Maria Schneider.

Le morceau commence dans une forêt imaginaire - probablement l’Amérique du Sud - un morceau de paradis, rempli d'oiseaux. Le thème du début essaie de capter la vibration d'un tel lieu, s'ouvrant progressivement comme une forêt au début de chaque journée. Cette ouverture se fait à travers des couches qui viennent s'ajouter lentement au thème.

Le premier grand changement survient à 4'27 , moment qui veut illustrer "l'instinct ", cette poussée physiologique parfaitement synchronisée permettant alors aux millions d'oiseaux de savoir qu'il faut d'abord s'engraisser, afin de pouvoir à terme se diriger en masse vers le ciel pour un long voyage vers le nord. Ce voyage insondable se trouve dans le puissant solo de Donny McCalslin,

Puis l'atmosphère du morceau change : nous entrons alors dans l'esprit d'une petite fauvette, la conscience d'un seul oiseau parmi ces milliers d'ailes battantes de ses autres semblables, volant et se guidant à la lumière des étoiles et de la lune. Que se passe-t'il dans la tête d’un petit oiseau lors d’un vol aussi long? A quoi pense-t-il (si il pense) pendant qu'il bât si longtemps des ailes sans se reposer ? Ceci est illustré par l’accordéon de Gary Versace , jouant au-dessus du piano suspendu de Franck Kimbrough, de la guitare au son atmosphérique de Ben Monder et de la contrebasse mélancolique de Jay Anderson.

L'arrivée à Central Park est écrite sous la forme d'un choral. Pour quelqu'un qui n'a jamais connu l'observation des oiseaux en mai, il peut être difficile d'imaginer à quel point cette arrivée peut être spectaculaire - en particulier dans le parc d'une ville. Mais au printemps, tôt dans la matinée et au cœur de ce parc, vous pouvez facilement avoir le sentiment alors d'être transporté dans une forêt, très loin d'une présence humaine. Un moment de joie illustré dans le solo exubérant de Charles Pillow.

Tous les oiseaux entendus dans ce morceau proviennent en fait de son de bouche faits par les musiciens, de petits instruments ou de divers sifflets, à l’exception d’un oiseau que vous entendrez quatre fois à la fin, à partir de 21’27. C’est la paruline azurée : son enregistrement provient de la bibliothèque Macaulay du laboratoire d’ornithologie Cornell. Cet oiseau magnifique est plutôt rare : bien qu’il ne soit classé «en voie de disparition», beaucoup estiment qu’il devrait figurer dans une telle classification.

Image

Essai d'analyse :
Le morceau annonce son thème aviaire presque dès le début. Il n'y a qu'une courte phrase au piano avant que la première occurrence d'un son d'oiseau soit entendue. Il s'agit du saxophoniste Richard Perry imitant une colombe à l'aide d'un sifflet en bois, plaçant sa main en forme de coupe. Les figures du piano et les chants d'oiseaux changent plusieurs fois, chaque chant d'oiseau étant interprété par un musicien différent. La trompettiste Ingrid Jensen suit Richard Perry, jouant d'un autre sifflet en bois. Maria Schneider effectue elle-même le prochain appel sur un coup de sifflet donné par un musicien brésilien. Cet appel est assez complexe avec ses notes qui tombent et ses cascades rapides. Des imitations d'appels et de chants commencent à s'empiler les uns sur les autres, construisant une forêt musicale imaginaire abritant des espèces qui ne se rencontreraient jamais autrement, bien que Maria Schneider l'imagine néanmoins comme un lieu situé quelque part en Amérique du Sud.

Les chants d'oiseaux représentés ici ne semblent pas aspirer au même niveau de fidélité que ceux des transcriptions de Messiaen. Mais ici, les tritons et les ornements de style baroque occupent une place importante dans les représentations à l'aide d'instruments de musique entendus dans l'introduction, à partir de 0:43. La figure piccolo à 0:51 débute avec un triton ascendant. La phrase se termine par un trille baroque. D'autres ornements baroques de ce type se présentent sous la forme de notes.
Les figures musicale "oiseaux" de l'introduction sont nettement distinctes de l'harmonie sous-jacente. Tandis que le piano, la basse et l’accordéon établissent fermement un contexte mixolydien, les instruments jouant le rôle d’oiseaux jouent des figures basées en grande partie sur des triades étrangères à ce centre tonal. La ligne piccolo, reprise et modifiée par d’autres instruments, en est un exemple.

La compositrice a dit à quel point elle souhaitait que les premières minutes de la pièce évoquent le sentiment d’une forêt s’ouvrant progressivement au commencement d’une nouvelle journée alors que les oiseaux vont ajouter leurs voix une par une aux conciliabules des autres. Elle semble le faire deux fois, d’abord dans l’introduction au rubato avec ses représentations plus littérales des sons d’oiseaux, puis à partir de 13''45, les appels étant résumés en mélodies qu’elle ajoute à la texture, une par une. La première voix à se joindre est la chanteuse Luciana Souza, qui entre à 2'08. Cette ligne est encore plus grave que la voix déjà basse du piano, ajoutant encore de la richesse à la texture.
Viennent ensuite les cuivres (d’abord les trombones, les trompettes les rejoignant après trois mesures) prenant en charge l'ossature principale. Semblable à la superposition des chants d'oiseaux dans l'introduction, Maria Schneider continue de superposer des mélodies, culminant dans les contre-mélodies qui commencent à 3'37 et 3'55. La compositrice entoure l'auditeur d'oiseaux, remplissant l'espace sonore d'imitations et de représentations jusqu'à ce que cet espace soit presque saturé.

Maria Schneider privilégie les timbres particuliers, notamment l'accordéon, la flûte, le piccolo, les saxophone soprano et clarinette - et les trompettes ou trombones (avec sourdine). Chacun de ceux-ci apporte ses propres éléments timbraux. La flûte et le piccolo, sont aussi des instruments idéaux pour représenter les sons de nombre de ces oiseaux, en particulier les plus petits.

Le matériau mélodique développé tout au long de la pièce repose en grande partie sur quelques éléments simples : de grands sauts d’intervalle, des triades arpégées.

Le sens du mouvement joue aussi un rôle clé dans le «Ciel céruléen». Mais contrairement aux représentations du temps qui placent l'auditeur dans un endroit particulier, il s'agit ici de "musicaliser" les mouvements de petits oiseaux en vol. Les grands sauts vers le haut et vers le bas évoquent l'image d'un oiseau attrapant une colonne thermique, effectuant aussi des plongeons abrupts. Il existe assi des moments évoquant le vol plané, quand la mélodie cesse de monter et dedescendre pendant un moment avant d'aller une fois de plus vers le haut ou vers le bas. Cette capacité de Maria Schneider à capturer efficacement de tels mouvements est influencée non seulement par ses expériences d'observation et de contact avec les oiseaux, mais également par ses expériences personnelles de vol dans les airs. Son père possédait une licence de pilote, nécessaire à son travail de concepteur de machines agricoles, ce qui nécessitait de fréquents voyages au Canada et dans les États voisins. Cela lui permettait d'emmener la jeune Maria dans son petit avion personnel.

Les joyeuses cascades d'instruments et de gazouillis qui suivent le discours mélodique cèdent la place à quelque chose de plus sombre (mesures alors à 12/8) où le saxophoniste ténor Donny McCaslin s'installe dans un solo. «J'ai essayé de créer ce genre de tension et d'instinct», a expliqué Maria Schneider, parlant ici de l'instinct qui sous-tend le besoin des oiseaux migrateurs de voler au nord pour s'accoupler pendant les mois d'été (épisode commençant à 4'25).
"J'ai apporté l'un de mes livres d'oiseaux à la séance d'enregistrement pour inspirer Donny avec des photos d'oiseaux migrateurs. Sur cette page, nous sommes tombés sur des rapaces en train de s'accoupler. En un sens, c’était parfait parce que je voulais qu’il imagine des millions d’oiseaux désireux de voler vers le nord pour procréer"

La compositrice assimile la pulsion instinctive à migrer afin de procréer / copuler avec une envie, son but était ici de capturer «l'instinct», avant de décrire ensuite l'accouplement d'oiseau comme une «orgie sexuelle»
A propos des oiseaux, je me demande souvent d'où ils ont voyagé ? Est-ce que les gens qu'ils ont croisés parlaient espagnol? Portugais? Avez-vous déjà croisé des chemins avec l'un de mes amis musiciens au Brésil? Portez-vous leur musique en vous, des chansons et des sons que vous avez peut-être repris? Votre habitat sera-t-il toujours là à votre retour? À quoi penses-tu, petit oiseau, lors d'un vol de 3 000 km dans des vents changeant sous un ciel étoilé? Êtes-vous épuisé? Dieu, tu dois avoir faim! Comment savez-vous que vous devez migrer ? Avez-vous peur de trouver un partenaire? Êtes-vous simplement une créature d'instinct ou y a-t-il beaucoup plus?
Maria Schneider considère clairement les oiseaux comme des sujets, et le caractère participatif de l’improvisation jazz lui permet d’exiger que ses musiciens les considèrent également comme des sujets.L’anthropomorphisme de Schneider cherche à comprendre ces créatures et les traite comme des égales.

Au cours de son long solo, McCaslin capte la tension du désir sexuel croissant grâce à son utilisation magistrale de la tension musicale. Au début de son solo, il utilise fréquemment des suspensions chromatiques, qu'il résout lentement. Il construit de nombreuses phrases à partir d'une échelle parfois appelée échelle augmentée symétrique, en partant de C (C – D♯ – E – G – G♯ – B), alternant tiers et mineures. Ce choix lui permet d’enchaîner des demi-tons consécutifs, en évitant la tonique et le cinquième degré de l’harmonie (un «D13sus» sous-jacent), tout en soulignant les notes plus colorées de l’accord.
Au fur et à mesure que son solo progresse, le glissement de McCaslin évolue du mode mélodique au mode harmonique, alors qu’il commence à arpéger des accords complets et d’autres structures d'intervalles étrangers à l’harmonie sous-jacente. Il n'est cependant pas seul dans ce domaine. Le guitariste Ben Monder, qui accompagne le solo, fait glisser ses voix de manière chromatique. Ce mouvement chromatique devait être ce que Schneider avait en tête lors de la composition de cette section, car à partir de 6'34, les accompagnements de cuivres commencent également à descendre en demi-tons. Ce mouvement chromatique, associé aux associations potentiellement sexuelles suggérées par le groove lourd, permet de musicaliser la conception de Schneider de l'instinct en tant que tension, tension qui disparaît de manière radicale à mesure que les oiseaux prennent leur envol et que McCaslin plane au-dessus d'une nouvelle variante de la pièce.

Suite à l'intensité sauvage du solo de McCaslin, la pièce prend un autre tournant dramatique alors que Maria Schneider emmène l'auditeur vers le ciel et dans «l'esprit" d'une seul petite fauvette - imaginant la conscience d'un seul oiseau parmi des milliers de volutes d'ailes, volant à la lumière des étoiles et de la lune. L’accordéoniste Gary Versace joue le rôle de cet oiseau. Son improvisation regorge de petites volutes et il laisse souvent de longues pauses entre des phrases très courtes. Phrases courtes et très courtes donnant l’impression de courtes rafales d’énergie qui, comme la mélodie proprement dite, donnent l’impression d’alterner entre le battement et le glissement. Il est intéressant de noter que Schneider demande à Versace de s’imaginer comme un seul oiseau dans cette multitude, alors que les observateurs humains sont capables de s’émerveiller de la capacité d’une escadrille entière à se déplacer apparemment en une seule unité. Ils dessinent le spectacle grandiose d'une escadrille qui se modifie sans cesse, image vue par l'un des oiseaux placés au milieu de milliers d'entre eux, se déplaçant ensemble.
Il est facile d’imaginer la musique légèrement tourbillonnante qui entoure Versace comme une escadrille de milliers de personnes, se déplaçant avec une grâce liquide. Contrairement aux harmonies et mélodies basées sur le lydien et le mixolydien dans la majeure partie de la pièce, cette section présente ses sonorités les plus denses et les plus complexes, tirées en grande partie des modes mineur mélodique et mineur harmonique. Les accords comprennent ici nombre d'intervalles "tendus" - triton, secondes mineures - sixtes immédiatement adjacentes aux quintes naturelles. Plutôt que de tirer vers une résolution, ces tensions restent cependant en suspens. L'absence de tempo constant et la non-fonctionnalité générale de ces sons nous les font finalement entendre comme des couleurs impressionnistes.
Au début, la voix du piano reste strictement dans la plage de la clé de sol , et les graves sont introduits progressivement à mesure que la section avance. Dans le même temps, les voix supérieures continuent à monter, ces grands intervalles créant alors le sentiment d'un vaste espace ouvert, au-dessus de la terre. Et la basse d’Anderson ne s'enracine pas vers le sol : elle lance de courts commentaires dans les notes supérieures. Ben Monder, le guitariste, remplit le ciel de nuées d’harmoniques saturées de delay et de réverbération, générées aussi avec une pédale de volume, éliminant ainsi l’attaque.

L'arrivée dans le parc

Les couleurs mixolydiennes de l'introduction apparaissent de nouveau lors de la section commençant à 12'21.
Maria Schneider juxtapose ici un passage austère, semblable à un choral, associé à une vénération sacrée, avec un second passage qui met en évidence un mouvement parallèle et des harmonies modales colorées. Le choral lui-même commence par des sons purement diatoniques, censés représenter le silence de Central Park à l'aube (en particulier, dans la section particulière du parc appelée le Ramble, où 230 d'espèces distinctes d'oiseaux ont pu être repérée's). A 13'04 , la belle austérité du choral se transforme alors que les oiseaux commencent à arriver dans Central Park. La couleur harmonique passe de mi majeur à mi Mixolydien et l'environnement virtuel s'anime lorsque les sons d'oiseaux réapparaissent et qu'une variation du motif de l'oiseau est effectuée à l'accordéon, le saxophone soprano, la flûte et la clarinette.

La proéminence des intervalles de neuvième mineures entre les voix hautes et basses confère une dissonance exotique (nb : il faut être un orchestrateur chevronné pour manier les 9eb - j'en avais parlé dans le fil sur l'orchestration), visant certainement à souligner la beauté surnaturelle des oiseaux. La continuité modale crée un lien entre la forêt imaginaire de l'introduction et le monde de Central Park, mais les oiseaux semblent ici l'emporter. S'ils sont absorbés dans le tissu du choral, ils conservent néanmoins leur identité. Ceci est illustré par la ligne de saxophone soprano de Steve Wilson à 14'55 qui utilise le mode mixolydien suivant une cadence en mi majeur.

Ici, nous changeons encore de perspective : après l’arrivée des oiseaux dans le parc, nous sommes invités à prendre part à l' excitation de la compositrice lors de la rencontre de ces deux mondes. Le rubato majestueux du choral disparaît complètement, à mesure que la section rythmique réapparaît avec une quasi-buleria dansante, un rythme de la musique flamenco. Maria Schneider continue de développer le matériau mélodique précédent, passant alors du mi majeur au do majeur et transforme le motif de l’oiseau en un thème rythmique entraînant qui s’intègre ensuite au solo de saxophone alto de Charles Pillow.
Ce solo réunit habilement bon nombre des éléments mélodiques déjà entendus, y compris les deux précédentes improvisations: sauts d'intervalles larges, terrains répétés, les sauts en cascade de McCaslin et les mouvements brusques de Versace. Le traitement en syncope, omniprésent, contribue également à amplifier l’énergie, notamment, entre 17'41 et 19' 34. La tonalité change 6 fois, une fois toutes les 8 mesures, en suivant un schéma de répétition de A – F♯ – C, avant de finalement revenir à celle de A à 19'34,

«Cerulean Sky» se termine là où il avait commencé, dans l'impossible forêt imaginaire. Le matériau musical est pratiquement identique à celui de l’introduction, bien qu’il prenne une intensité légèrement supérieure à celle du matériel dramatique qui le précède. Au fur et à mesure que la pièce s’efface, la compositrice introduit un élément musical de plus, le son de la paruline azurée.

Avec ce morceau, Maria Schneider affirme une de ses valeurs éthique, qui exige que nous reconnaissions que d’autres membres de la communauté biotique ont une vie et des expériences au-delà de la nôtre.
Et même s’il est peut-être présomptueux de supposer que les expériences des oiseaux migrateurs ressemblent beaucoup à la vie des humains, le concept communautaire de l’éthique nous demande d’éviter de considérer nos voisins non humains comme des êtres intrinsèquement autres, aussi opaques que "leur esprit" puisse sembler.

Merci pour tous vos commentaires. J'ai été assez scotché par la perspicacité de Mh Piano. Et puis par le long texte de Jazzy, et Barb, le point d'eau, il fait beau, dialogue amoureux (entre Maria Schneider et les oiseaux...).
A mon avis, la musique de Maria Schneider fait voir les images....

PS : une fois de plus, excusez-moi pour la longueur de mes messages...

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Re: Défi : qu'entendez vous ?

Message par Tatafanfan » sam. 13 juil., 2019 4:00

Puisque ta dernière phrase est "Encore une fois excusez-moi de la longueur de mes messages", alors que j'allais te passer un Mp pour dire "mais quand et comment peut-on lire quelque chose qui sur mon grand écran Imac fait plus de 4 pages (écran)" perso, depuis que ce fil existe, je suis découragée par la longueur des posts, il fait chaud dès 4 h du mat' (alors que je suis disponible, après c'est la vie quotidienne suivant une petite rando de 5 km, après ce sont mes heures de piano, et je n'arrive pas le soir à lire mes piles (numérotées) de bouquins car Morphée se met à passer........
Rassembler tous ces posts, faire un bouquin genre "les confessions" de JJ Rousseau et les publier sur le nt, mais à part, dans un blog, car là...
:( :( :(
Modifié en dernier par Tatafanfan le sam. 13 juil., 2019 5:35, modifié 1 fois.
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Re: Défi : qu'entendez vous ?

Message par Lee » sam. 13 juil., 2019 5:10

EMVince a écrit : La bienveillance est absolument nécéssaire sur ce fil, sans doute plus que sur tout autre, car il touche à quelque chose de sensible et personnel. De là aucun "pike", aucun commentaire sur les commentaires "défi" des autres svp. De là, le moins de commentaire hors "commentaire défi" il y aura, le mieux ce sera, j'en suis convaincu.
Merci et bravo EMVince pour ce fil. Que les dieux sourirent à toi pour la suite.
Some of us think holding on makes us strong; but sometimes it is letting go. - Hermann Hesse

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Re: Défi : qu'entendez vous ?

Message par mh_piano » sam. 13 juil., 2019 9:52

Ben moi je remercie Christof pour ses "longs messages"... On n'est pas obligés de les lire bien sûr. Mais il y a toujours quelque chose à apprendre.

Merci pour les explications grâce auxquelles l'écoute devient évidente. Le talent de composition est évident, merci de nous faire découvrir cette compositrice de haut vol (c'est le cas de le dire :lol: ).

Y'a pas de quoi être scotché par ma perspicacité ! C'est d'autant plus amusant que la musique descriptive, ce n'est pas mon truc. Mais comme quoi ça peut fonctionner malgré tout.

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Re: Défi : qu'entendez vous ?

Message par jazzy » sam. 13 juil., 2019 10:48

Je pense qu'une musique par jour, c'est trop. Une tous les 2 ou trois jours me semblerait suffisant, car il faut écouter plusieurs fois la musique pour bien s'en imprégner. Peut-être aussi faut-il essayer de proposer des morceaux pas trop longs, mais ce n'est sans doute pas toujours possible...ce qui permettrait aussi peut-être plus d'échanges?
Mon dernier morceau sur youtube
https://www.youtube.com/watch?v=GN9b1mBjlr4

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Re: Défi : qu'entendez vous ?

Message par jean-séb » sam. 13 juil., 2019 11:00

Je suis de l'avis de Jazzy. Surtout si on ajoute tous les enregistrements que les uns et les autres mettent et qui demandent aussi écoute et réponse. Lire le forum devient un boulot à temps complet ! Bien sûr, on n'est pas "obligé" de répondre, mais on peut avoir envie de le faire, et juste être pris par le temps. Cela dit, nous allons bientôt entrer dans les eaux-mortes. Le régime d'été est toujours un peu ralenti, donc ce n'est pas si grave que ça, peut-être.
Mais il est certain qu'ayant eu hier beaucoup de choses à faire et à écouter, je n'ai pas eu le temps d'écouter en entier le morceau de Christof. Mon impression, très partielle, sur le début, est que j'avais beaucoup aimé l'introduction mais pas du tout le changement de ton et d'atmosphère avec la suite.
En revanche, contrairement à Tatafanfan, je ne trouve jamais trop longs les messages de Christof. C'est vrai qu'ils demandent, eux aussi, du temps pour les lire, les digérer, mais on sait que ce temps-là, on peut se le prendre plus tard, à un moment où l'on est moins pris par d'autres choses. Donc merci Christof. Continue, s'il te plaît.

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Re: Défi : qu'entendez vous ?

Message par Tatafanfan » sam. 13 juil., 2019 11:08

jazzy a écrit :
sam. 13 juil., 2019 10:48
Je pense qu'une musique par jour, c'est trop. Une tous les 2 ou trois jours me semblerait suffisant, car il faut écouter plusieurs fois la musique pour bien s'en imprégner. Peut-être aussi faut-il essayer de proposer des morceaux pas trop longs, mais ce n'est sans doute pas toujours possible...ce qui permettrait aussi peut-être plus d'échanges?
Tout à fait d'accord, sinon on passerait sa vie sur son ordinateur...
:arrow:
A quoi sert l'argent s'il faut travailler pour en avoir ?
Georges B Shaw

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EMVince
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Re: Défi : qu'entendez vous ?

Message par EMVince » sam. 13 juil., 2019 11:37

Grand merci pour tous vos commentaires, écouter à nouveau la musique après les avoir lu est vraiment très enrichissant, merci de faire ainsi vivre ce fil.

Dans l'idée un morceau de 3-5 minutes par jour me semble assez raisonnable.
En revanche pour des morceaux de cette envergure, deux ou trois jours sont sans doute plus adaptés. Je propose ceci : si la personne qui soumet le morceau du jour estime qu'il a besoin de plus qu'un jour pour etre commenté (soit parcqu'il est long, soit parcequ'il est complexe, ou les deux), il peut proposer le nombre de jours qu'il souhaite voir son morceau "à l'affiche" : disons soit 2, soit 3 soit 4 pour les énormes morceaux. Il faudra qu'il mette en evidence le nombre jours, genre l'ecrire en gras, pour éviter que d'autre morceaux ne soient proposés entre temps. Si quelqu'un par erreur poste un nouveau morceau entre temps, il sera gentiment prié de l'effacer et de le proposer au prochain tour, dans le but d'eviter le flood et que le fil reste lisible et structuré.

Aussi je pense depuis plusieurs jours à un assouplissement qui vont dans vos sens jean-séb et jazzy : on pourrait se dire que le morceau ne "périme" plus à minuit, mais qu'on peut le commenter jusqu'à ce qu'un autre morceau soit proposé. Bien sur on ne pourra proposer un nouveau morceau qu'une fois minuit passé : ce point ne change pas. Mais si minuit passé aucun morceau n'est proposé, celui en cours avant minuit reste d'actualité jusqu'au prochain morceau proposé, et cela peut durer très longtemps : il est tout à fait possible qu'un morceau reste à l'affiche pendant une semaine si aucune autre proposition n'est faite.

Ces propositions vous conviennent elles ? SI personne ne s'y oppose je ajouterai dans les règles en premiere page.
SI on se rend compte au bout d'un temps qu'elle ne suffisent pas, nous imposerons un morceau tous les deux jours minimum, puis tous les 3 si c'est encore insuffisant.
J'ignore pourquoi la neige est blanche ...
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Re: Défi : qu'entendez vous ?

Message par bernard » dim. 14 juil., 2019 15:25

Dans l'idée un morceau de 3-5 minutes par jour me semble assez raisonnable.
3.25, je suis bon

https://www.youtube.com/watch?v=WeJs12UaFEA

avec partition

https://www.youtube.com/watch?v=_XXLEGPfBkg

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Re: Défi : qu'entendez vous ?

Message par mh_piano » dim. 14 juil., 2019 15:40

J'ai préféré écouter "en aveugle", c'est à dire sans regarder l'écran où youtube indique compositeur, oeuvre et interprètes.

J'ai donc entendu des choeurs avec les 4 voies classiques, sans solistes, accompagnés par l'orgue, superbe interprétation à mon goût. De la musique de style baroque et d'inspiration a priori religieuse que j'écoute assez rarement. C'est lent et paisible, le genre de musique qui peut donner la chair de poule. Je ne sais pas en dire plus, ça laisse pas mal de place pour les autres écoutes...

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Re: Défi : qu'entendez vous ?

Message par jean-séb » dim. 14 juil., 2019 15:54

Pour moi, une des plus belles musiques de Purcell, dont je suis tombé amoureux à la première écoute jadis. Il y a beaucoup de douceur dans cette vision de la mort. Les voix s'entremêlent parfois à la façon d'un choral, plein de ferveur, mais plus contrapuntique. Chaque voix procède essentiellement par degrés proches, presque jamais de sauts supérieurs à un ton, ce qui confère la douceur que je ressens, un côté résigné mais sans drame.
C'est le même esprit que dans cet autre chef d’œuvre de Purcell, l'air de Didon When I Am Laid In Earth

(commencer éventuellement à 45 secondes)

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Re: Défi : qu'entendez vous ?

Message par jazzy » dim. 14 juil., 2019 17:05

EMVince je suis globalement d'accord avec tes propositions mais peut-être faudrait-il laisser un temps de 2 jours même pour un morceau court?
Mon dernier morceau sur youtube
https://www.youtube.com/watch?v=GN9b1mBjlr4

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Re: Défi : qu'entendez vous ?

Message par EMVince » dim. 14 juil., 2019 23:46

Quel dommage d'avoir vu le titre et le compositeur ... Oui c'est clairement pas joyeux, une bonne musique de mort.
C'est une oeuvre polyphonique pour 4 voix je dirais, 2 voix de femme et 2 d'homme, en mineur bien sur. On est en 4/4, le rythme est simple : une majorité de noires et valeurs plus longues, avec quelques "deux croches" et "noire pointé croche" de temps en temps.
Il me semble que c'est à capella, ou alors l'accompagnement est ultra discret. A deuxieme écoute il y a en fait un accompagnement, une sorte d'orgue de chambre je pense, comme j'en ai vu au conservatoire, mais je ne sais pas le nom exact, une petit clavier avec une petite soufflerie.
Jusqu'à 0:50 les voix sont ensembles, ensuite on change de section et elles sont décalées : une voix s'ajoute à chaque nouvelle mesure, sur le meme texte, et il me semble la meme mélodie ... Je sais pas vraiment si on peut parler de fugato (car je connait mal l'emploi technique de ce terme), mais sans doute que dire "écriture en imitation" convient. En compraison avec la section à 2:00, celle de 0:50 fait plus "canon", et celle de 2:00 me fait plus penser à une fugue ... Mais ce que j'ecris à ce sujet ne vaut pas grand chose.

Merci bernard pour la proposition, qui est en fait assez éloignée des impressions de Sylvie sur le dernier morceau au final :lol: :mrgreen:
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Re: Défi : qu'entendez vous ?

Message par EMVince » dim. 14 juil., 2019 23:51

Salut jazzy, si personne ne s'y oppose c'est d'accord je le rajoute dans les regles. :wink:
Si certains s'y opposent fermement, alors ce ne sera pas une règle, mais une suggestion pour faire respirer le fil, que je rajouterai quand meme en première page.
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Re: Défi : qu'entendez vous ?

Message par bernard » lun. 15 juil., 2019 6:56

Merci bernard pour la proposition, qui est en fait assez éloignée des impressions de Sylvie sur le dernier morceau au final
ce n'est évidemment pas ce morceau que je pensais proposer dans la continuité de celui posté par Lee, le prochain coup, j'hésite entre deux.

jazzy
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Re: Défi : qu'entendez vous ?

Message par jazzy » mar. 16 juil., 2019 12:49

Ma proposition: un morceau de Thomas Encho "You're just a ghost" en trio.
Bonne écoute
https://www.youtube.com/watch?v=Cd34E-Y ... h4-ixPMp54
Mon dernier morceau sur youtube
https://www.youtube.com/watch?v=GN9b1mBjlr4

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Re: Défi : qu'entendez vous ?

Message par jean-séb » mar. 16 juil., 2019 16:11

Voilà quasiment le seul jazz que j'aime, et j'ai souvent une affinité particulière pour tout ce que fait Thomas Enhco. Beaucoup de douceur dans ce morceau, un brin de nostalgie mais sans amertume, un air comme celui d'une vieille chanson des années 30. Je suppose que la formation hautement classique de Thomas n'est pas indifférente à son style si particulier ; il y a toujours un raffinement, une élégance que j'apprécie dans ce qu'il joue. YouTube me propose de poursuivre avec Letting You Go et j'aime aussi.
Ah zut, voilà qu'il peut aussi jouer des choses que je n'aime pas, I'm Fine, Thank You.

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