Fred Hersch : la grâce !

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Christof
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Fred Hersch : la grâce !

Message par Christof »

Normalement, ce texte devrait figurer dans le fil "Mes derniers concerts"... Je préfère toutefois le créer dans un fil à part, pour qu'il vive sa vie, qui j'espère sera riche de vos commentaires.. En effet, je voudrais, sachant que ce forum est plutôt à inclinaison "pianistes classiques", donner peut-être ici une ouverture, une chance de "moindre sottise", tout comme pour moi, à l'inverse, Pianomajeur me permet d'approfondir bien plus justement "le classique", ayant été ma chance de "moindre sottise".

Hier j'assistais en effet à un concert que j'ai trouvé absolument exceptionnel : le trio du pianiste américain Fred Hersch, qui passait au bal Blomet.
Et il faut dire que le public ne s'y était pas trompé : bien avant la date fatidique, le concert annonçait déjà complet.
Il est en effet assez rare de pouvoir écouter ce merveilleux pianiste en France.

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C'est dommage, mon enregistrement ci-dessous n'est pas ici d'une qualité "professionnele" et ne rend pas compte de la richesse du son que l'on pouvait entendre. Je n'hésite pas à vous le dire tout de go : Fred Hersch, avec la palette incroyable de son toucher est pour moi l'équivalent en jazz de ce qu'est Horowitz en classique.
J'étais assis tout près du piano. Ce que j'ai entendu était incroyable (et n'est pas bien rendu dans cet enregistrement).

J'espère d'ailleurs qu'Armag, que j'ai croisé à la fin du concert (mais nous n'avons pas pu discuter très longtemps car il se faisait tard) pourra vous dire ici s'il le souhaite ce qu'il a ressenti.
Cela me rappelle une conversation que j'avais pu avoir à une époque dans le forum avec Okay, qui me signalait que finalement, les pianistes jazz (à part quelques exceptions) n'avaient qu'une faible palette sonore, et que dès qu'on arrivait dans le forte, cela tapait vraiment, avec un son vraiment pas terrible... Je lui avais alors cité quelques pianistes. Je pense que Fred Hersch est l'illustration d'un pianiste qui a toutes les qualités. D'accord, encouragé par sa grand-mère, il a commencé dès son plus jeune âge par le classique. Fred Hersch était un prodige du piano, même s'il n'aimait pas la pratique implacable de pièces de concours classiques. Au lycée, il a trouvé son chemin musical en découvrant le jazz. Après un discours d'encouragement d'une vedette du jazz locale, il a rassemblé toutes les versions enregistrées du thème "Autumn Leaves" qu'il pouvait trouver pour écouter leurs différences. "Dans le jazz, c'est l'individualité qui compte le plus, et non l'adhésion à une conception standardisée de l'excellence. Avec cette musique, les musiciens sont totalement libres d'être eux-mêmes dans l'air. La différence compte, c'est en fait un atout plutôt qu'un passif."

SI je devais résumer Fred Hersch, je parlerais avant tout de cette distinction naturelle faîte d’un subtil mélange de rigueur et d’élégance, de force et de finesse, de légèreté et de profondeur : clavier enchanté, délicatesse du toucher, sens infime de l’articulation, raffinement de l’attaque, fluidité lyrique de la phrase, ravissement harmonique, splendeur intériorisée du son, sophistication ailée du discours. Tout confirme pour moi dans son jeu que ce styliste hors pair aujourd'hui âgé de soixante-quatre ans est l’un des plus grands pianistes d’aujourd’hui, à l’avant-garde de la musique depuis plus de trente ans. Et un improvisateur hors pair.

C'est dingue ça, car même en ayant publié à ce jour quelque quarante-cinq CD, Fred Hersch reste finalement assez peu connu. En fait, on le cite souvent pour avoir été le professeur de Brad Meldhau. Ce dernier a souvent été encensé par la critique pour la fluidité de sa main gauche, ce discours incessant en contrepoint... Mais tout cela, il le tient de Fred Hersh, maître absolu en cette matière. Ouvrez n'importe quelle encyclopédie de jazz, aller à l'index chercher "Fred Hersch". Son nom apparaîtra avec un renvoi à un numéro de page... page consacrée à Brad Meldhau.

Heureusement, le Wall Street Journal a parlé du trio de ce soir (Fred Hersch au piano, John Hebert à la contrebasse et Eric McPherson à la contrebasse) comme «l’un des ensembles majeurs de notre temps», et comme « The gold standard of trio jazz today ». Ce trio a publié six albums en dix ans d’existence, tous acclamés par la critique, et reçu d’innombrables récompenses dont deux nominations aux Grammy Awards. Il a été désigné "Groupe de Jazz de l’Année 2019" par le magazine Downbeat qui rend hommage à leur talent unique, leur créativité et leur extraordinaire éventail stylistique.

Et le concert de ce soir venait célébrer les dix ans d'existence de ce trio

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Voilà, le concert commence.
Immédiatement, je suis frappé par l’espèce de magie qui s’impose, dès les premières mesures (et encore plus pendant les morceaux qu'il jouera en solo). Et comme j'ai pu le dire, son jeu est caractérisé par cette forte présence du contrepoint à la main gauche, tandis que la droite expose, commente, et étend le champ mélodique. Cela chante de partout. Cette clarté des lignes qui cheminent en toute indépendance, et pourtant dans une absolue cohérence, et tout cela aussi pendant les improvisations est pour moi comme un vertige. Lisibilité parfaite. Et pourtant rien d’abstrait : sensualité et lyrisme parlent d’une même voix. Ce miracle musical s’accomplit, quel que soit le matériau.
Dans ses mains se niche toute l'histoire du jazz. On peut y entendre du Lennie Tristano (cette connexion directe entre les doigts et la pensée musicale), mais aussi la grandeur d'un Bill Evans (écoutez ce thème à 40'07. A signaler aussi que tout le début de ce morceau est joué à la mg, de 40'07 à 41'30... ce qui en dit long sur sa technique pianistique).
Mais quoi qu'il joue, on y entend du Fred Hersch.

Et j'ai été frappé de voir que Fred Hersch, durant tout le concert, a joué les yeux fermés...

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Au programme de cette soirée des compositions (Hersch est un magnifique compositeur, les trois premiers morceaux sont de sa composition, "Plainsong", "Havana" et le magnifique "Floating" (à 12'20), Serpentine (à 26'04) mais aussi la relecture de standards. Je reconnais (mais je ne les cite pas tous car il y en avait que je ne connaissais pas - par exemple à 35'23, 40' 07, celui de 54' 35 je le connais mais j'ai le titre sur le bout de la langue- tout comme ce morceau de Monk - à 1h15' 07 - pareil, sur le bout de la langue..., et 1h 21' 23 pareil, je ne connais que cela), transfigurés sous ses doigts, des thèmes de Wayne Shorter (Black nile, à 20' 35), d'Ornette Coleman (Turn around, à 47' 28), de Monk (ahhh, écoutez le joyau qu'il fait de Round Midgnight - à 1h 09' 58, ce toucher, cette invention harmonique), ou la reprise exceptionnelle de cette magnifique chanson "Wichita Lineman" (à 1h02' 40) de Jimmy Web, et aussi à la fin, sa version de "When I'm sixty four" (de Paul Mc Cartney, à 1h26' 20), prétexte à une improvisation convoquant différentes techniques pianistiques, dont le stride. Des standards mais, miracle musical, c'est du Fred Hersch. Une griffe, un son qui le rend immédiatement reconnaissable, unique et magique

Il faut aussi parler du trio proprement dit, avec cette conception très ouverte, où l'interaction est la règle du jeu, ce qui permet au pianiste de faire sonner constamment son clavier avec ce mélange de force et délicatesse dans les forte les plus percussifs comme dans les pianos les plus subtils et retenus.
Je sais que ce style de rythmique va sembler un peu "parasite", pas très conventionnel pour certains Pmistes : chacun joue en fait ici autour de la pulsation, plutôt que de la marteler sans arrêt. Une très grande liberté. Et je suis conscient que cela puisse paraître bizarre quand on n'est pas habitué...

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"je cherche en même temps l’éternel et l’éphémère" en donnant au piano une vibration intime qui bouleverse d’emblée l’âme et le corps, sans jamais abandonner la pulsation vitale du jazz".. Fred Hersch.
Et on peut dire qu'en ce domaine, Fred Hersch a vraiment la grâce.

NB : Vous remarquerez dans l'enregistrement, au contraire de ce qu'à pu souligner Jean-Seb pour le public du classique, on n'entend pas de personnes toussoter ou tousser durant les morceaux (ni même entre). Le public jazz serait-il moins fragile aux rigueurs des sauts de température ? En tous cas, le public "jazz" a aussi ses désavantages : du genre le type à côté de moi (un français) qui n'arrête pas à la fin de chaque morceau de nous gratifier de son enthousiasme en criant des "Yeah, Yeah, Yeah"... hou là, là, mes oreilles ("Yeah" ça frime certainement plus que "Bravo") ou pire, durant le tout dernier morceau, des gens qui se permettent de taper le rythme dans les mains lors du dernier rappel lorsque Fred Hersch a joué "When I'm sixty four", plombant alors le truc, ne permettant pas à l'artiste de faire ce qu'il veut.
Fallait oser... Mais ils l'ont fait.




Pour finir, je ne peux m'empêcher de rajouter ci-dessous ce thème "Valentine"
(où l'on entend mieux le son et tout ce que j'ai pu vous dire au-dessus et vous montrer le merveilleux compositeur qu'il est) :
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Écouter

Et je viens de rajouter cela : Je pense que ce concert (toutes catégories) fait partie des trois meilleurs jamais entendus dans ma vie... Mais c'est un peu compliqué de parler aussi sûrement, car cela dépend finalement assez certainement d'où on en est est avec la musique et cette capacité grandissante au cours des années qui passent à être de plus en plus réceptif à l'émotion, à cette grâce de l'émotion, dans sa simplicité la plus pure.

Merci pour vos commentaires et sensations à l'écoute de ce concert.
Modifié en dernier par Christof le lun. 04 nov., 2019 15:36, modifié 18 fois.
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Armag
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Re: Fred Hersch : la grâce !

Message par Armag »

Merci pour ton long et riche compte-rendu Christophe. C'est un de mes collègues qui m'a demandé de l'accompagner à ce concert, je l'avais forcé à venir écouter Pogorelich il y a deux ans ;). Et j'ai été assez subjugué dès les premières minutes. Au départ je n'apprécie pas tellement le jazz, mais que veut dire ce mot "jazz" finalement? Je crois que mon morceau préféré dont je ne retrouvais plus le titre hier est Floating. Je vais donc tout de suite le réécouter, puis relire ton compte-rendu en détail.
Ninoff
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Re: Fred Hersch : la grâce !

Message par Ninoff »

Beau compte-rendu encore une fois sur un artiste qui tutoie les étoiles..
Tu fais référence à Horowitz et paradoxalement il pose ses mains sur le piano comme ce grand maître, beaucoup de sérénité émerge de son jeu, de sa stature.
On le sent passionné, investit vers sa quête personnelle.
Et les yeux fermés Il a trouvé son chemin de vie , nous transmettre sa joie, sa sensibilité, son cœur.
Une perpétuelle quête d’un discours des plus harmonieux, parsemé de petites touches teintées des grands jazzman de notre ère et par moment des sonorités proches de Gabriel Fauré..
Et la plupart du temps en improvisant...
Encore un être surdoué proche de tous ces compositeurs de génie.
Un grand merci Christof de nous confier cette révélation !!
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Christof
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Re: Fred Hersch : la grâce !

Message par Christof »

Armag a écrit : dim. 03 nov., 2019 17:48 Merci pour ton long et riche compte-rendu Christophe. C'est un de mes collègues qui m'a demandé de l'accompagner à ce concert, je l'avais forcé à venir écouter Pogorelich il y a deux ans ;). Et j'ai été assez subjugué dès les premières minutes. Au départ je n'apprécie pas tellement le jazz, mais que veut dire ce mot "jazz" finalement? Je crois que mon morceau préféré dont je ne retrouvais plus le titre hier est Floating. Je vais donc tout de suite le réécouter, puis relire ton compte-rendu en détail.
Si tu veux, donne-nous ici toutes tes impressions. Cela m'intéresse beaucoup car, à la sortie du concert, tu m'as dis avoir découvert des choses..
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Christof
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Re: Fred Hersch : la grâce !

Message par Christof »

Ninoff a écrit : dim. 03 nov., 2019 22:26 Beau compte-rendu encore une fois sur un artiste qui tutoie les étoiles..
Tu fais référence à Horowitz et paradoxalement il pose ses mains sur le piano comme ce grand maître, beaucoup de sérénité émerge de son jeu, de sa stature.
On le sent passionné, investit vers sa quête personnelle.
Et les yeux fermés Il a trouvé son chemin de vie , nous transmettre sa joie, sa sensibilité, son cœur.
Une perpétuelle quête d’un discours des plus harmonieux, parsemé de petites touches teintées des grands jazzman de notre ère et par moment des sonorités proches de Gabriel Fauré..
Et la plupart du temps en improvisant...
Encore un être surdoué proche de tous ces compositeurs de génie.
Un grand merci Christof de nous confier cette révélation !!
Merci Ninoff pour ton commentaire. Oui, je n'ai pas mis cette photo des mains de Fred Hersch en fin d'article par hasard. Tu as tout de suite vu le rapport avec Horowitz.

Oui, tu as raison, cet artiste est investi, d'autant plus - je ne l'ai pas raconté - qu'il est tombé dans le coma pendant deux mois en 2008. Pendant celui-ci, il entendait de la musique dans sa tête. Et quand il est sorti du coma, il a fait de nombreux rêves de musique.
En avoir réchappé a été pour lui comme une nouvelle naissance. D'abord incapable de tenir un stylo, il a dû réapprendre à jouer au piano. Une rééducation pour tout réapprendre de son art. Il a déclaré en être ressorti grandi, avec un jeu plus libre

A signaler : la sortie ces derniers jours d'un coffret "10 ans".
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Il contient 6 CD, perles et inédits ressortis de l’oubli, l'ensemble constituant l’intégrale des enregistrements du trio avec John Hébert et Eric McPherson : le «Whirl» initial en studio et le double «Alive at the Vanguard», et les trois albums consécutifs, «Floating», «Sunday Night at the Vanguard» et «Live in Europe».

Et pour ceux aussi qui voudraient en savoir plus sur cet artiste, je signale cet autobiographie (en anglais) : Good Things Happen Slowly, parue en 2017 chez Crown Archetype (320 pages).

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Christof
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Re: Fred Hersch : la grâce !

Message par Christof »

Texte illustrant le coffret

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Ce texte, issu du livret du coffret paru ces jours derniers (que je traduis ici en français), vient ici mieux éclairer la démarche de Fred Hersch et la singularité de son travail :

"Les disques de jazz existent depuis plus de cent ans et cet héritage est un événement à célébrer, mais il constitue également un défi de taille pour tout improvisateur qui réalise aujourd’hui un album : doit-il célébrer le riche héritage du passé ou essayer de découvrir (et proposer) l'avenir du jazz dans un territoire encore inexploré ?

Les deux alternatives présentent des problèmes redoutables :
  • Comment trouver quelque chose de nouveau, construisant aussi le futur, dans un idiome où tant de choses ont déjà été dites auparavant par des maîtres gigantesques ?
  • En revanche, si l’on opte pour les charmes de l’ancien en s’adressant à la tradition du jazz, comment éviter les répétitions et les imitations qui s'avèrent fatales à la spontanéité requise par cette musique ?
Heureusement, il existe une troisième option, mais que peu de personnes sont capables de suivre. Au lieu d’avancer ou de revenir au passé, l’improvisateur de jazz a la possibilité d’approfondir. Les rares artistes qui peuvent y parvenir trouvent un moyen de transcender la chronologie de la musique. Même quand ils jouent ce qui est ancien, cela semble vivant et nouveau, et quand ils plongent dans des eaux inconnues, ils sont toujours guidés par une tradition personnelle qui confère à chaque note un sens de l’enracinement et de l’intemporalité.

Aucun artiste de jazz de notre époque ne témoigne de cette immersion plus profonde dans l'idiome du pianiste et compositeur que Fred Hersch. J'admire cet artiste depuis que je l'ai entendu pour la première fois en concert dans les années 1980, mais j'estime que son travail au cours de la dernière décennie - le point focal des morceaux joués par le trio dans ce coffret- a atteint un niveau encore plus élevé. Une grande partie de ce que j'entends dans ces albums défie presque la description avec les mots. Si j'étais un journaliste sportif, je louerais peut-être les actifs incorporels - ces attributs insaisissables qui séparent les athlètes d'exception des simplement bons - et en resterais là. Je pourrais peut-être chercher d’autres mots qui tentent de parler de cet aspect de sa musique, en commençant par l’intégrité, l’immédiateté et l’implication. Mais nul besoin de mots : il vous suffit d’écouter cette musique et d’entendre en vous-même pour comprendre.

Sur ces morceaux, Hersch est rejoint par le bassiste Jon Hebert et le batteur Eric McPherson qui l’on accompagné au cours de la dernière décennie. Ils ont joué un rôle décisif dans le processus d'approfondissement décrit plus haut. Leur jeu est fluide et réactif, ce qui donne à chaque performance un aspect organique et immédiat. En tant que collectif, ces trois musiciens représentent les nec plus ultra ("le standard Or") de la musique de trio de jazz d'aujourd'hui.

Je voudrais terminer par une expression que je tiens de mon épouse, danseuse et chorégraphe qui a travaillé avec certains des meilleurs artistes de son domaine. Pour elle, lorsque l’on est confronté à ces moments extraordinaires où un groupe de danseurs dépasse toutes les attentes et atteint un niveau inattendu de transcendance, elle parle alors de «performance engagée».
Par cette désignation "degré d'engagement", elle met l’accent ici sur un niveau de dévouement supérieur au processus lui-même, une sorte d'attitude de mise en scène qui rayonne de la scène.
Les morceaux des six CD de ce coffret représentent précisément ce genre de performance engagée.

C’est un signe encourageant que l’idiome jazz soit capable de produire une œuvre de ce type même après plus d’un siècle d’activités ininterrompues. Une forme d'art toujours fraîche et vitale après toutes ces années, ce qui fait toute l’essence de la production de Fred Hersch."

Ted Gioia - Auteur de l’histoire du jazz et des Standards du jazz.
Ninoff
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Re: Fred Hersch : la grâce !

Message par Ninoff »

Je te remercie d’avoir traduit ce bel hommage sur Fred Hersch.
Quel éloge..!!
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fugue
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Re: Fred Hersch : la grâce !

Message par fugue »

Tu es vraiment quelqu'un de généreux.
On aime ou pas mais on découvre.

En tout cas, "Valentine" s'est laissée écouter avec beaucoup de plaisir (Yeah? Nan! :mrgreen: ).

J'ai trouvé que c'était fin.
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Christof
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Re: Fred Hersch : la grâce !

Message par Christof »

fugue a écrit : mer. 06 nov., 2019 19:37 Tu es vraiment quelqu'un de généreux.
On aime ou pas mais on découvre.

En tout cas, "Valentine" s'est laissée écouter avec beaucoup de plaisir (Yeah? Nan! :mrgreen: ).

J'ai trouvé que c'était fin.
Merci Ninoff et fugue.

Allez, encore un petit pour la route ("Black is the color", suivi du "Love theme" tiré du film de Spartacus, thème si beau, composé par Alex North) :

Image
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Et pour vous faire découvrir, si vous ne connaissez pas cette compositrice et arrangeuse géniale, voici la version qu'en a faite aussi Maria Schneider avec son big band :

Image
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Athos
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Re: Fred Hersch : la grâce !

Message par Athos »

Merci pour le CR,
J'avais un album de Fred Hersh dans mes favoris, faut que je réécoute.
J'suis pas fan de Meldhau, mais Hersch, j'apprécie.
pianojar
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Re: Fred Hersch : la grâce !

Message par pianojar »

Assez rare pour être signalé lors de son dernier concert consacré à Beethoven au Wigmore Hall Igor Levit en bis a donné une pièce de Fred Hersch
Trees
Un bel hommage
Capucine
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Re: Fred Hersch : la grâce !

Message par Capucine »

Merci Pianojar pour cette belle musique de Fred Hersch que je découvre sous les doigts magiques de ce pianiste. =D>
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