Une histoire du jazz à ma façon...

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mh_piano
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Re: Une histoire du jazz à ma façon...

Message par mh_piano » sam. 28 sept., 2019 10:19

Christoph j'ai adoré lire cette 4ème partie sur Keith Jarret ! (je n'ai pas eu le temps de tout écouter par contre ces nombreuses illustrations très instructives). Je me disais que tout ce que tu écris ici mériterait bien un blog personnel vu la qualité et la quantité du contenu...

jazzy
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Re: Une histoire du jazz à ma façon...

Message par jazzy » sam. 28 sept., 2019 11:04

Merci Christof pour tout ce contenu, et en particulier les extraits musicaux.
Ça fait pas mal de temps que je n'avais écouté Keith Jarrett et ça fait du bien de se replonger dans cette richesse musicale, parfois véritablement hypnotique pour moi... Je préfère l'écouter en trio (mais ceci est vrai aussi pour les autres pianistes de jazz). Il y a une telle complicité avec la contrebasse et la batterie!!!
Mon dernier morceau sur youtube
https://www.youtube.com/watch?v=GN9b1mBjlr4

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Christof
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Re: Une histoire du jazz à ma façon...

Message par Christof » sam. 28 sept., 2019 14:24

mh_piano a écrit :
sam. 28 sept., 2019 10:19
Christoph j'ai adoré lire cette 4ème partie sur Keith Jarret ! (je n'ai pas eu le temps de tout écouter par contre ces nombreuses illustrations très instructives). Je me disais que tout ce que tu écris ici mériterait bien un blog personnel vu la qualité et la quantité du contenu...
Merci MH. Content que cela te plaise.
Blog personnel, pourquoi faire ? C'est lu ici et cela me suffit bien.

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Christof
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Re: Une histoire du jazz à ma façon...

Message par Christof » sam. 28 sept., 2019 14:26

jazzy a écrit :
sam. 28 sept., 2019 11:04
Merci Christof pour tout ce contenu, et en particulier les extraits musicaux.
Ça fait pas mal de temps que je n'avais écouté Keith Jarrett et ça fait du bien de se replonger dans cette richesse musicale, parfois véritablement hypnotique pour moi... Je préfère l'écouter en trio (mais ceci est vrai aussi pour les autres pianistes de jazz). Il y a une telle complicité avec la contrebasse et la batterie!!!
Oui, c'est toujours intéressant de se replonger dans l'histoire de la vie d'un pianiste, de ses évolutions. Voir comme Keith Jarrett a toujours été libre, musicien de tout son être, exigeant, novateur.

Jouer en trio est une magnifique expérience.
Je me souviens, j'ai pu avoir la chance - à une époque je travaillais pour la télévision - d'aller au théâtre des Champs-Elysées dans l'après-midi avec une journaliste qui devait interviewer le trio de Jarrett (avec Gary Peacock et Jack DeJohnette), qui jouait le soir. Quand on est arrivés, ils venaient de finir la balance et on commencé à jouer. Et je ne sais si c'est parce qu'ils n'avaient pas encore la pression réelle du concert, j'ai entendu alors quelque chose d'incroyable, peut-être un moment de magie privilégié. Le concert du soir avait été fantastique, mais là, ce que j'avais entendu cette après-midi là, était encore bien au-delà.
Modifié en dernier par Christof le sam. 28 sept., 2019 16:38, modifié 1 fois.

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Re: Une histoire du jazz à ma façon...

Message par pianojar » sam. 28 sept., 2019 15:29

Christof a écrit :
sam. 28 sept., 2019 14:26

Je me souviens, j'ai pu avoir la chance - à une époque je travaillais pour la télévision - d'aller au théâtre des champs Elysées dans l'après-midi avec une journaliste qui devait interviewer le trio de Jarrett (avec Gary Peacock et Jack DeJohnette), qui jouait le soir.
Est ce que c'était le concert donné pour les 20 ans d'ECM ?

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Re: Une histoire du jazz à ma façon...

Message par Christof » sam. 28 sept., 2019 15:40

pianojar a écrit :
sam. 28 sept., 2019 15:29
Est ce que c'était le concert donné pour les 20 ans d'ECM ?
J'ai retrouvé la date du concert où j'étais allé : c''était le 28 octobre 1989

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Re: Une histoire du jazz à ma façon...

Message par pianojar » sam. 28 sept., 2019 16:06

Oui c'est ça, ECM a ete créé en 1969
Une connaissance m'avait donné une place car c'était impossible d'en trouver (peut-être était ce même privé)

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Re: Une histoire du jazz à ma façon...

Message par Ninoff » dim. 29 sept., 2019 15:45

Pour confirmer la gestuelle de K.Jarrett, fantastique et viscérale
https://youtu.be/SFuypO3zlP0

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Re: Une histoire du jazz à ma façon...

Message par Ninoff » dim. 29 sept., 2019 15:54

Et quand 2 Jazzmen se mettent au classique...
https://youtu.be/2S1iHZEQXrE

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Re: Une histoire du jazz à ma façon...

Message par Christof » ven. 04 oct., 2019 11:53

Ninoff a écrit :
dim. 29 sept., 2019 15:54
Et quand 2 Jazzmen se mettent au classique...
Merci Ninoff
Et là, on les voit juste avant, pendant une répétition, puis concert

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Re: Une histoire du jazz à ma façon...

Message par Christof » ven. 04 oct., 2019 18:17

The Big Love -
Vie et mort avec Bill Evans

Écrit par Laurie Verchomin

Je n'avais pas forcément prévu de vous parler de Bill Evans tout de suite. Mais ce livre est paru hier (sa traduction française) et je l'ai presque complètement dévoré dans la nuit.. Hier, j'en avais fait une petite présentation dans le fil sur les "lectures" (que je remets ci-dessous), qui sera complétée aujourd'hui à lueur de tout ce que j'ai déjà lu.
En fait, Bill Evans, j'y suis venu relativement tard dans ma découverte du jazz, allant voir d'abord du côté d'Oscar Peterson (parce qu'à 18 ans, j'avais acheté par hasard en soldes le recueil des partitions "Les suites Canadiennes", ce que je raconterai dans le prochain épisode). Et ensuite, il y avait eu Charlie Parker et donc, forcément, j'étais alors allé faire un petit tour du côté de Bud Powell. Et c'est après ma "période Bebop" que j'en suis arrivé à Bill Evans. Cela dit, il faut savoir que ce dernnier était grand fan de Bud Powell et, au tout début, jouait un peu comme lui... Donc finalement, tout se tient. Je ferai bien sûr plus tard sur ce fil une large présentation de Bill Evans, pianiste incomparable dans l'histoire du piano et trio jazz.

J'avais d'ailleurs proposé un quizz à l'époque sur pianomajeur que je vous recopie ici :

Pour les connaisseurs...
Qui est ce pianiste ?
Extrait 1 :


Extrait 2 :


Eh oui, c'était Bill Evans. Étonnant non ? Avant de trouver son propre style, il jouait vraiment comme Bud Powell.


Mais revenons au livre "The Big Love"

Image

Voilà, il est sorti hier, et il aura fallu attendre neuf ans et demi pour en avoir enfin la traduction française

La présentation par les éditeurs :

"Lorsqu'il rencontre Laurie Verchomin, Bill Evans est depuis longtemps considéré comme un pianiste de génie qui a réinventé son instrument et participé aux plus grands albums de jazz de son époque. Il partagera les deniers mois de sa vie avec cette jeune femme de 22 ans qui sera son amante et le témoin privilégiée de tous les aspects de sa vie d'homme et de musicien.
144 pages d'un témoignage exceptionnel entre journal intime et biographie."

"Traduit pour la première fois en français, ces mémoires de Laurie Verchomin éclairent d'une lumière nouvelle l'une des figures les plus importantes du jazz moderne. A travers le récit de leur histoire d'amour, elle lève le voile tant sur le processus créatif et le génie de Bill Evans que sur des aspects de sa vie en perpétuel conflit entre la beauté saisissante de sa musique et les tragédies qui le rongeaient de l'intérieur. Cet ouvrage est à la fois le récit d'une magnifique histoire d'amour et un document historique sur l'univers de Bill Evans."

Et j'avais rajouté que ce livre est accompagné d'un disque contenant quatre enregistrements inédits du pianiste enregistrés à Manhattan, le 16 août 1979, lors d'une soirée fêtant l'anniversaire de ses cinquante ans (Bill Evans est né le 16 août 1929). Il décédera un peu plus d'un an plus tard.

Face A : Letter to Evan - Bill’s Hit Tune, Fun Ride
Face B : Laurie ; Blue Serge - Letter to Evan - For All Whe Know

Image


Quelques réflexions après la lecture :

C'est fou de voir que finalement tous les plus grands musiciens de jazz (mais là, on parle du siècle dernier, il ne me semble pas que cela soit comme cela maintenant) ont pu tomber dans l'enfer des drogues dures. Mais parmi tous ces musiciens, peu composent un portrait aussi déroutant que celui de Bill Evans.
Ainsi, dans les décennies qui ont suivi sa mort (le 15 septembre 1981) les biographes, qui étaient pourtant au courant de tout cela, n'ont jamais essayé de replacer sa vie à la lueur des difficultés qu'a pu rencontrer cet homme justement lumineux, ne parlant finalement que de son héritage musical grandiose ayant tellement influencé nombre de pianistes qui ont suivi, mais jamais vraiment de l'homme.
À partir du moment où il a participé à ce chef d’œuvre qu'est Kind of Blue (disque avec Miles Davis), le personnage public d’Evans a pris dans la tête des gens un tour spirituel. Et le travail merveilleux créé dans ses premiers trios ne fit que renforcer ce semblant. Bien que n'étant pas encore élevé à un rôle de "maître", Bill Evans était considéré par beaucoup comme une sorte de compagnon sur la voie qui mène à quelque chose qui dépasse la compréhension occidentale générale de l'existence.

Tout au long de sa carrière professionnelle, Bill Evans a été totalement dépendant des drogues (sauf au début), un fait qui n’a pas été vraiment caché de son vivant, mais qui reste difficile à envisager, même aujourd’hui. De toute évidence, les drogues ne sont pas étrangères dans le jazz ambiant, mais il serait aussi trop facile ici de simplement dire que Bill Evans était un junkie comme tous les autres. Il était trop intelligent, trop conscient de ses capacités physiques et émotionnelles pour se permettre de succomber à une dépendance dont il ne voulait pas vraiment.
Alors pourquoi l'homme dont les touches chatoyantes et les harmonies magnifiques transformaient son piano en un instrument de jazz, qui savait parler aux âmes, est-il allé dans cet enfer ? Pour ceux qui sont vraiment tombés sous son charme, cette question persistante pèse sur tout son héritage.

Le livre y répond en partie. Pendant les seize derniers mois de sa vie, comme le raconte Laurie Verchomin, il était très amoureux d'elle. Ce fut une période incroyablement intense pour lui, à la fois créative et émotionnelle. Après près d'une décennie de travail professionnel, mais pas particulièrement inspiré, il dirigeait un tout nouveau trio qui revigorait à la fois son jeu et son esprit. Bill lui-même a comparé cette incarnation du trio au groupe qu'il avait dirigé de 1959 à 1961 avec Scott LaFaro à la basse et Paul Motian à la batterie - un groupe désormais universellement considéré comme le trio de piano le plus influent de l'histoire du jazz. C'était aussi juste avant cette période que Bill Evans est devenu consommateur de cocaïne. Ce nouveau développement est arrivé peu de temps après avoir surmonté son penchant pour la méthadone, qui avait en fait été prescrit pour l'aider à se débarrasser de l'héroïne qui le hantait depuis la fin des années 1950.

Au moment de leur rencontre, Laurie n’avait que 22 ans et vivait fermement dans la quête de toute forme d’expérience chez les jeunes d’après Woodstock. Son récit de ce style de vie bohème et de l'expérimentation de drogue qui en résulte, de la promiscuité sexuelle et de la dérive sans but est à la fois touchant et absurde, suscitant une réponse allant de l'apathie à la compassion profonde. La séduisant alors qu’elle était serveuse lors d’un de ses concerts au Canada, l’attraction de Bill fut immédiate et ses avances directes, lui demandant de se rendre dans sa chambre d’hôtel ce soir-là. Même si elle a décliné l'offre, elle l'a invité à rentrer dans son appartement où un petit groupe d'amis a servi une tasse de thé ce dignitaire du jazz âgé de cinquante ans, accompagnée de cocaïne. En sortant, Bill a embrassé gracieusement la joue de son hôtesse en lui glissant une carte de visite avec son adresse et son numéro de téléphone (et sur la carte, il avait écrit "Laurie, tu me sembles très spéciale"). En l'espace d'un mois, après l'échange de plusieurs lettres, Laurie saute dans un avion à destination de New York, pour le rejoindre.

L'histoire d'amour prend alors immédiatement son envol et The Big Love raconte tout ce développement, les réflexions spontanées de Laurie sur cette période reflétant avec chaleur la joie perpétuelle et étrange de la douceur d'un couple dans l'amour. Situation d'étrangeté dans leur situation dans laquelle Laurie est passé outre, notamment leur différence d'âge (mais l'amour peut tout) : au moment de leur rencontre, Bill avait déjà créé le travail de sa vie ; avait ses habitudes. Tous les soirs, cet homme de Jersey, apparemment banal, après avoir bu ses Pepsi (dont il raffolait) et ses hot-dogs, ses hippodromes (il jouait aux courses), traversait le pont George Washington et s'en allait au travail, visionnaire du jazz. De son côté, Laurie, avant cette rencontre, n’avait pas encore découvert quelque chose de concret sur lequel se baser. C'est cette union avec Bill qui l'a construite. En dépit de ce monde de différences, ils se sont tous deux retrouvés dans une lueur partagée. Mais tous deux étaient conscients que ce n’était pas un bonheur qui pourrait durer longtemps, étant donné l’état catastrophique de la santé de Bill.

"La douceur de son toucher m'étonne (...) Voilà comment il m'ensorcelle, je reste insatiable après cette première séance amoureuse. A vingt-deux ans, je suis comparable à de la pâte à modeler, tout admirative devant Bill qui sait s'y prendre - en imprimant en moi les images qui vivront tout au long de ma vie.
Le lendemain matin, je me glisse silencieusement dans le salon (...). J'ignore de quoi je peux avoir bien l'air après ces quelques heures de sommeil. Mais le sourire en coin de Bill me porte à croire qu'un de ses T-shirts blancs en V qu'il m'a prêté me sied à merveille.
Bill sert le café dans le salon et retire un album orange et noir de l'étagère sur le mur derrière le banc du piano pour le mettre sur le tourne-disque. "Il s'agit de Donny Hathaway et de Roberta Flack", dit-il. Voici une piste que j'ai beaucoup écoutée ces derniers temps, intitulée "For all we know".
J'entends d'abord très doucement le piano, puis la voix de Donny Hathaway. Un appel mélancolique porté vers l'attention. Je suis immédiatement transportée dans un état second. Sa voix est émotion pure - bien au-delà de celle de Billie Holiday. J'en suis toute retournée.
Nous écoutons ensemble en silence, Bill au piano, et moi toujours étendue sur le sofa."


ImageImage

Peu de temps après le début de leur correspondance, il informa Laurie que son frère aîné, Harry, s'était récemment suicidé, à la suite d'une longue lutte contre la schizophrénie. Harry, lui-même musicien et père de Debby (pour qui Bill Evans a composé le fameux "Waltz for Debby"), était le seul frère de Bill et il s’en souciait et le respectait profondément. Et c'est certainement le chagrin causé par cet événement qui a poussé sa dépendance à la cocaïne à son apogée insurmontable. En fait, Laurie ne peut pas se souvenir d'une occasion durant laquelle ils n'étaient pas toxicomanes.

"Bill me raconte le combat que son frère Harry a livré contre la schizophrénie, et les heures qu'il a passées à écouter son délire paranoïaque sur la nature de l'univers. Comment il a vraiment voulu croire que Harry était en avance sur son temps, et sur ce que le reste du monde n'avait pas encore compris.
Finalement, c'est une blessure par balle à la tête que Harry s'était lui-même infligée qui mit fin à ses jours (...) Puis Bill s'assoit au piano et il me joue une pièce qu'il a composée pour Harry juste avant sa mort et qu'il avait intitulée "We will met augain".
Voilà comment j'apprends à être présente avec lui. Avec Bill.
Il m'entraîne avec lui.
Me fait une place auprès de lui.
Et l'expérience de connaître quelqu'un aussi intensément est pour moi irrésistible."


Les récits sincères rapportées par Laurie de l’existence quotidienne de Bill, junkie, sont pour le moins effrayant. Evans était alors une épave physique. Ils vivaient dans son appartement du 9e étage situé à Fort Lee, dans le New Jersey, parfaitement entretenu. Mais sans nourriture ni sommeil, un temps infini s'écoulait, lui dans sa salle de bain (ou son «bureau», comme il disait), préparant sa mixture de drogue pour prolonger son apogée sans fin.

Sachant tout cela, on peut se demander comment Bill Evans a pu survivre aussi longtemps, et aussi comment a-t-il pu produire une musique aussi merveilleuse. Dans les mois qui ont précédé sa mort, son jeu a pris une ferveur accrue, produisant certaines des œuvres les plus créatives et les plus pénétrantes de toute sa carrière. Pendant ce temps, le trio a effectué ce qui est maintenant considéré comme concerts emblématiques à Paris, San Francisco et New York. Les enregistrements de leur résidence d’une semaine au Village Vanguard en juin 1980 illustrent de manière frappante la profondeur de Bill et le développement du groupe. Encouragé par l'accompagnement plein de fougue de Marc Johnson à la basse et de Joe LaBarbera à la batterie, le jeu du pianiste atteint un nouveau seuil. Bien que toutes ses marques restent intactes - les harmonies incomparables, flottantes et les lignes mélodique merveilleuses - Bill semble avoir trouvé le chemin qu'il avait toujours recherché.

Finis les tempos apaisants et les mélodies saupoudrées de poussière d'étoiles donnés dans ce même club deux décennies plus tôt, remplacés ici par un son plus dur et plus conducteur. Dans ce groupe, ne se posait aucune question sur qui dirigeait durant les explorations rhapsodiques des standards familiers que jouait le trio et une multitude de nouvelles compositions (dont la belle ballade "Laurie" composée pour elle) remplissant chaque espace de son, poussant le groupe dans une liberté d'improvisation infinie. Comme si Bill Evans était enfin arrivé à l'endroit où son esprit, sa création musicale l'attendait depuis si longtemps.


Image
Composée le 31 mai 2019 à 2h30 du matin - Au bas de la partition, Bill Evans a écrit : "A Laurie, qui m'a inspiré cette chanson avec amour"
Ecouter "Laurie"

Finalement, le livre ne dis pas encore tout sur l’âme divisée et torturée de Bill Evans. Mais à sa lecture, on l'admire d'autant plus en tant que musicien et en tant qu'être humain. A partir de la description poétique que fait Laurie de la vie qu’ils ont menée ensemble, il est clair que, de façon quasi permanente, Bill Evans avait été conscient de la proximité de la mort, et de la fragilité de l’existence.
En raison de la douleur extrême causée par son abus des drogues, il devient tout aussi évident qu’à travers son art sublime, ce pianiste nous a permis de traduire la souffrance qu’il a connue en une victoire menant à la beauté, aux merveilles de la sensualité, et à la tragédie fondamentale de l’existence, sans laquelle la vie serait absurde.

Bill Evans, certainement plus que tout autre, possédait de nombreuses "clés" enchâssées dans son âme et son talent immense. Elles avaient le pouvoir de libérer les profondeurs du cœur de l’auditeur et, ce faisant, lui permettre de pénétrer dans un univers d’une beauté transcendantale, d’un pouvoir irrésistible, et de lui révéler son âme. C’est tellement rare.

"A 22 ans, j'étais comme de la cire molle - attendant d'être impressionnée - et Bill m'impressionna par sa gentillesse, sa présence, sa passion, sa profonde compréhension du divin, et sa capacité inouïe à conserver son intégrité personnelle aux confins des limites d'un monde étrangement cruel et imprévisible.
A ce jour, je reste impressionnée par les images, et la trame sonore aux proportions romantiques gigantesques que Bill a créée pour les accompagner".


---------Je rajoute ici en écoute (grâce à Pianojar qui l'a signalée dans un autre fil), l'émission de radio "Open Jazz" d'Alex Dutilh de ce jour 4 octobre sur France musique, dont les premières vingt-cinq minutes sont consacrées à ce livre. On peut y entendre notamment pas mal des morceaux du disque qui accompagne l'ouvrage
Écouter : "Bill Evans, l'ultime histoire d'amour" ------------------
Modifié en dernier par Christof le sam. 05 oct., 2019 14:23, modifié 1 fois.

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Re: Une histoire du jazz à ma façon...

Message par Ninoff » sam. 05 oct., 2019 11:25

Souvent les plus grandes souffrances ont engendré des musiques d’une beauté infinie...
Je suis toujours épaté par ton art de nous retransmettre avec justesse l’épopée de ces artistes de génie.
J’y trouve un intérêt particulier étant un néophyte en ce domaine.
Un grand merci pour ton travail soigné qui nous fait partager ta passion.

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Re: Une histoire du jazz à ma façon...

Message par Géphil » dim. 06 oct., 2019 17:41

Parmi toutes prestations de Bill Evans, j'ai gardé une attention particulière pour son album Undercurrent de 1962 avec Jim Hall à la guitare.

Il y a une relation très proche entre les deux musiciens : https://www.youtube.com/watch?v=omhoPzJYmw4

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Re: Une histoire du jazz à ma façon...

Message par mh_piano » dim. 06 oct., 2019 20:22

Encore passionnant cet article sur Bill Evans !
Une histoire qui interroge encore sur le rôle de la souffrance de vivre dans la créativité, et sur l'importance des drogues pour les artistes.
(Les pianistes classiques avec leurs betabloquants, c'est de la petite bière !)

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Re: Une histoire du jazz à ma façon...

Message par Christof » lun. 07 oct., 2019 12:21

Ninoff a écrit :
sam. 05 oct., 2019 11:25
Souvent les plus grandes souffrances ont engendré des musiques d’une beauté infinie...
Je suis toujours épaté par ton art de nous retransmettre avec justesse l’épopée de ces artistes de génie.
J’y trouve un intérêt particulier étant un néophyte en ce domaine.
Un grand merci pour ton travail soigné qui nous fait partager ta passion.
Merci pour ton message Ninoff. Partager, avec passion, nos passions.

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Re: Une histoire du jazz à ma façon...

Message par Christof » lun. 07 oct., 2019 12:31

Géphil a écrit :
dim. 06 oct., 2019 17:41
Parmi toutes prestations de Bill Evans, j'ai gardé une attention particulière pour son album Undercurrent de 1962 avec Jim Hall à la guitare.

Il y a une relation très proche entre les deux musiciens : https://www.youtube.com/watch?v=omhoPzJYmw4
Une véritable télépathie entre les deux. Tout simple si simple et couler de source. Pour moi, tout comme Bill Evans, Jim Hall est un immense musicien. Certainement un des plus grands guitaristes jazz et accompagnateur hors pair.

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Re: Une histoire du jazz à ma façon...

Message par Christof » lun. 07 oct., 2019 12:34

mh_piano a écrit :
dim. 06 oct., 2019 20:22
Encore passionnant cet article sur Bill Evans !
Une histoire qui interroge encore sur le rôle de la souffrance de vivre dans la créativité, et sur l'importance des drogues pour les artistes.
(Les pianistes classiques avec leurs betabloquants, c'est de la petite bière !)
Merci mh_piano. Ravi que cela te passionne.
Oui, tôt ou tard, les grandes figures du jazz sont à peu près toutes tombées dans la drogue... ou dans l'alcool (la liste est effrayante). C'est terrible.

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Re: Une histoire du jazz à ma façon...

Message par Jacques Béziat » lun. 07 oct., 2019 22:23

Bill Evans.
Le perfectionniste fou à la Glenn Gould, la tragédie à la Chet Baker.
Victime de sa sensibilité, la musique qu'il produisait passait par ses pores avant la tête, cela tue son homme.
Autant je n'ai pas réagi sur Keith Jarrett, autant au sujet de Bill Evans je m'arrête, comme on le ferait sur Michelangeli ou Horowitz.
Ces colosses (Bill Evans, Baker, ...) aux pieds d'argile sont comme des anges condamnés à mort par excès d'humanité et de clairvoyance par un dieu impitoyable.
Oui, Bud Powell, et tant d'autres, mais Bill Evans était seul.

Merci Christof pour ce bel historique, là tu nous gâtes avec ce sujet fleuve ô combien passionnant et riche ! =D>
Je relirai tout cela à tête reposée, je suis en phase « classique » en ce moment, et le temps dispo je l'utilise à travailler des morceaux.

J'attends impatiemment de ta part un sujet sur Dave Brubeck (!), Oscar Peterson (!), et... allez ! Fais-le ! :wink: ... sur George Shearing :) , ce dernier pouvant être le porte-parole de ces générations d'excellents pianistes/compositeurs, peut-être moins charismatiques, qui ont œuvré toute leur vie et qui ont été quelque peu oubliés ou carrément ignorés en Europe ! Tiens, Lullaby of Birdland me vient à l'esprit ! :wink:

Pardon pour l'a parte : Ce petit sourire de bonheur qui n'a jamais quitté le visage de Shearing, depuis les vidéos de 1950 jusqu'à beaucoup plus tard :
« Être pianiste... n'est pas une profession. C'est une philosophie, un style de vie. »
Michelangeli

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Re: Une histoire du jazz à ma façon...

Message par Christof » mer. 13 nov., 2019 15:50

Jacques Béziat a écrit :
lun. 07 oct., 2019 22:23
Merci Christof pour ce bel historique, là tu nous gâtes avec ce sujet fleuve ô combien passionnant et riche ! =D>
Je relirai tout cela à tête reposée, je suis en phase « classique » en ce moment, et le temps dispo je l'utilise à travailler des morceaux.

J'attends impatiemment de ta part un sujet sur Dave Brubeck (!), Oscar Peterson (!), et... allez ! Fais-le ! :wink: ... sur George Shearing :) , ce dernier pouvant être le porte-parole de ces générations d'excellents pianistes/compositeurs, peut-être moins charismatiques, qui ont œuvré toute leur vie et qui ont été quelque peu oubliés ou carrément ignorés en Europe ! Tiens, Lullaby of Birdland me vient à l'esprit ! :wink:
Merci Jacques pour ton message.
Promis, je ferai quelque chose concernant Dave Brubeck, puis George Shearing...

Bonne nouvelle, j'ai bien avancé sur Oscar Peterson ! Sera publié bientôt... Mais faut encore que j'organise. Cela s'écrira et s'organisera au fur et à mesure.
Mais j'ai déjà concocté tous les exemples au piano qui vont accompagner l'histoire... (c'est aussi ça l'avantage de ce fil pour moi : cela m'oblige aussi à retravailler mes "classiques" si je veux mettre des exemples audio).

PS : dommage, la vidéo que tu as mises sur ton message indique "vidéo non disponible" ?

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Christof
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Re: Une histoire du jazz à ma façon...

Message par Christof » mer. 13 nov., 2019 17:39

5ème épisode : Oscar Peterson (1 - ce message en guise ici d'introduction)

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Petit rappel : cette "histoire du jazz à ma façon" est moins présentée dans l'ordre chronologique de l'"Histoire" du jazz avec un grand H que dans celui où j'ai pu découvrir les différents styles, sans suivre finalement un ordre prédéfini, mais plutôt selon le fil chronologique de mes découvertes, de mes engouements, qui m'ont fait faire pas mal de sauts. Les épisodes précédents partant du ragtime, faisant un crochet vers le stride avec Fats Waller, pour aller vers.. Keith Jarret.

C'est à l'âge de dix-neuf ans qu'Oscar Peterson m'est tombé dans les mains..., enfin plutôt ce recueil de partitions "Canadiana Suite" (Suites canadiennes). Je ne sais plus bien comment d'ailleurs. Était-ce au Canada ? Ou aux Etats-Unis à New-York ?... Je ne sais plus. En tous cas, je me souviens de l'avoir dégoté chez un soldeur. L'étiquette du prix, bien rappée maintenant, figure toujours sur la quatrième de couverture : 1,2 dollar (mais ce ne'st pas marqué si c'est US dollar... ).

A cette époque, je ne savais absolument pas qui était Oscar Peterson. Je n'avais jamais entendu quoi que ce soit de lui.
A quoi ça tient les découvertes ? Sûrement ici à l'aubaine du prix du recueil (mais bon, neuf, le prix n'était pas non plus rédhibitoire : 2,5 dollars), de la couverture qui m'avait plu, et puis ce "Canadiana suite", cela me faisait rêver.

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Rentré en France, j'avais commencé à y regarder de plus près... L'un des morceaux les plus "abordables" semblait être "Laurentide Waltz", vu mon niveau.
Dans un autre fil, j'avais raconté mon passage de deux ans au conservatoire de Montreuil entre dix-huit et vingt-ans.

Un jour d'enhardissement, gonflé à bloc, j'avais amené ce recueil à mon prof Monsieur Richard, lui disant que j'aimerais bien jouer ce morceau "Laurentide Waltz". J'étais un peu dans mes petits souliers : ce n'était pas du classique, il y avait un programme au conservatoire... Pourquoi m'aurait-il écouté et accepté ?
Alors son visage s'était éclairé. J'imagine que personne ne lui avait amené des trucs comme ça auparavant. Il s'est installé, à commencé à déchiffrer à vue, depuis le début, jouant cela merveilleusement me disant : "mais qu'est ce que c'est bien écrit !!!)", comme une merveilleuse découverte pour lui.
"Je l'emporte avec moi, comme ça, je vais t'écrire tous les doigtés... Et si tu veux, viens me voir tel jour au conservatoire de Bobigny (il en était le directeur, outre être prof aussi au le conservatoire de Montreuil), on regardera cela ensemble".

C'était un énorme privilège de venir chez-lui. Il habitait tout l'étage en haut du conservatoire. C'était immense. Il avait plusieurs pianos à queue, des pianos qu'on lui avait offerts... Avant d'être prof, il avait été un grand concertiste, avait dû arrêter après avoir eu un accident de voiture qui lui avait emporté le bas de la jambe gauche, remplacé par une prothèse. Il avait travaillé tout le recueil des suites. M'en a joué une en me montrant le plaisir qu'il avait à le faire, swinguant comme un malade... Comme pour me dire : "tu sais Christophe j'ai bien compris ce que tu aimais par-dessus-tout, et c'est une merveilleuse musique, aussi valable que celle de n'importe quel auteur classique".

Et du coup, il m'avait appris à jouer cette "Laurentide Waltz".
Je vous joue ci-dessous le début :



Avec Bach (à l'époque, il me faisait travailler les Inventions), c'était à mon avis la plus belle musique du monde.
Du trois temps... J'adore le trois temps. Surtout en jazz où ce n'est pas Poum, tchic, tchic - Poum, tchic, tchic...

Alors pour moi, Oscar Peterson était un compositeur merveilleux... D'ailleurs c'est drôle car finalement, dans ma tête, c'était alors bien plus un compositeur qu'un pianiste. Je ne savais pas du tout à ce moment-là qu'il était un virtuose éblouissant, et qu'on l'avait surnommé "le maître du swing". Et c'est peut-être cela qui a un peu éclipsé aux yeux du public son talent de compositeur. Parmi ses oeuvres, bien sûr les "Canadiana Suite", mais aussi le "Hymn of freedom" ou son "Cakewalk" et "Bach suite".

En tous cas, dans ma tête, Oscar c'était Laurentide Waltz, un point c'est tout. A l'époque pas de youtube, je n'ai même pas cherché à trouver un disque... Et donc, ce n'est que bien plus tard que je découvrirai vraiment cet artiste, son swing d'enfer, sa façon de faire sonner un piano comme un orchestre. Certains ont pu dire qu'il était le Liszt du jazz... Je dirais alors qu'il était aussi (en concevant le piano comme un orchestre) le Beethoven du jazz
.
"Laurentide Waltz"
: c'est seulement maintenant, en évoquant ces souvenirs que je comprends pourquoi j'ai aussi tant craqué sur Bill Evans (un de mes pianistes préférés, que j'ai découvert bien bien plus tard) en écoutant son "Waltz for Debby". Les deux morceaux ne sont pas sans similitude. Et dire que c'est seulement près de quarante ans après que cela me vient à l'esprit... Le cerveau conscient est quelque chose d'assez bizarre. Mais pas le cerveau immédiat... Lui, il sait tout de suite.



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A propos des Canadia Suite

Ces suites sont un hommage musical à la beauté et à la diversité du paysage canadien. Avec elles, Oscar Peterson nous fait traverser tout le pays, d’un océan à l’autre, en huit mouvements aux titres évocateurs.
Réminiscence de ses propres découvertes et des souvenirs rapportés par son père - qui était steward dans les trains, ne cessant de sillonner alors le pays en tous sens -, ce périple ferroviaire de Canadiana Suite commence dans les Maritimes, avec Ballad to the East. Il se poursuit au Québec dans les Laurentides (Laurentide Waltz), puis à Montréal, dans le quartier où Peterson a grandi, avec Place St. Henri. La prochaine étape est Toronto (Hogtown Blues), puis le train repart vers l’ouest, nous transportant avec le Blues of the Prairies, Wheatland et March Past jusqu’à la destination finale, en Colombie-Britannique, avec Land of the Misty Giants.

Chaque mouvement baigne dans une atmosphère sonore propre au lieu évoqué, portée par ce jeu très raffiné d’Oscar Peterson. Le pianiste a décrit son œuvre comme un « portrait musical du Canada qu'il aime ». Composée en 1963, Canadiana Suite a été mise en nomination pour le prix Grammy de la meilleure composition de jazz en 1965. Ses différents mouvements ont été l’objet d’interprétations par plusieurs jazzmen, dont Gary Burton, Ellis Marsalis, Oliver Jones et Eldar Djangirov.

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Et pour finir ce préambule et entrer un peu plus dans le vif du sujet, rajoutons qu'Oscar, était un "maître es swing".

On en a souvent parlé dans le forum du swing... on a essayé d'expliquer ce que c'était.
Le swing, c'est ça :



Swing inénarrable, majestueux, jamais pris en défaut, irrésistible comme un cas de force majeure, cette manière impériale qu'Oscar Peterson a de de pulvériser le clavier avec la plus allègre décontraction, cet entrain et jubilation contagieuse, qui donne la joie et l'enthousiasme. Un swing infini qui le rend admirable, unique, exceptionnel et irremplaçable

A suivre....
Modifié en dernier par Christof le jeu. 28 nov., 2019 17:15, modifié 1 fois.

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