excès de piano

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appassionata
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excès de piano

Message par appassionata » mer. 14 juin, 2006 21:02

Voila, je suis peux être le seul a qui il arrive cela mais je veux vérifier.
Vous arrive t'il, après vous être beaucoup beaucoup entraîné un jour, d'avoir les jours suivants l'impression de jouer un niveau en dessous avec la sensation de ne plus rien avoir dans les mains?
Ca me fait un peu comme en sport quand on se tape des courbatures après un effort trop violent.
Ca finit toujours par revenir a la normale mais faut souvents au moins deux jours....

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Tristan
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Message par Tristan » mer. 14 juin, 2006 21:39

J'ouvre une petite parenthèse parceque ça me trotte derrière la tête depuis un bout de temps .... A travers tes posts Appassionata, j'ai l'impression que le piano ne te rend pas heureux ... on dirait que tu ne trouves pas d'harmonie ou de plaisir avec cet instrument :?

qu'en est il ?
"Je ne cherche qu'à exprimer l'âme et le coeur de l'Homme"

Chopin



Jarozse
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Message par Jarozse » mer. 14 juin, 2006 21:59

Cela m'est arrivé à plusieurs reprises. Ce n'était pas forcément après une longue journée d'études (il m'arrive assez fréquemment de faire des 5-6h par jour pendant les vacances...quand j'en ai :? ), mais plutôt lorsque j'ai mal travaillé un truc, et que je m'acharne. Dans ce cas là, il faut mieux ne pas toucher au piano pendant quelques jours ou bosser autre chose, histoire de se détendre.

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Utricule
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Message par Utricule » jeu. 15 juin, 2006 3:32

Si tu veux mon point de vue, cette impression de ne ''plus rien avoir dans les mains'' vient sûrement plus d'une mauvaise manière de pratiquer tes morceaux que d'une étrange courbature intellectuelle. Tu travailles peut-être tes morceaux trop rapidement en croyant qu'à jouer toujours le même passage difficile rapidement, il finira bien par entrer un moment donné; ça passe ou ça casse, mais ça ne marche pas comme ça. À travailler trop rapidement ce qui n'est pas acquis, ou même ce qui l'est, parfois, l'ensemble en vient à se dégrader. Révise tes méthodes de pratiques; un travail bien réalisé ne peut jamais nuire.

appassionata
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Message par appassionata » jeu. 15 juin, 2006 18:49

"J'ouvre une petite parenthèse parceque ça me trotte derrière la tête depuis un bout de temps .... A travers tes posts Appassionata, j'ai l'impression que le piano ne te rend pas heureux ... on dirait que tu ne trouves pas d'harmonie ou de plaisir avec cet instrument "
Le raccourcis est un peu rapide!
Au contraire, je crois que c'est peut être la plus grande motivation de ma vie. Ce qui ne me rend pas heureux, c'est de ne pas pouvoir lui accorder le temps qu'il devrait avoir dans ma vie. Ma ca c'est un autre problème. Celui de tout concilier. Je regrète de ne pas avoir commencé plus jeune et de ne pas avoir pu apprendre sans contraintes.
Par rapport au piano, je suis très ambitieux, je veux toujours progresser et parfois je suis un peu échaudé c'est vrai de ne pas sentir de progrès proportionnels aux efforts que je fais. Par ailleur, plus on progresse en vélocité, plus le temps passe, et plus on progresse lentement. C'est parfois un peu dur a accepter quand on se souvient de ses débuts. On a l'impression de stagner. Après, c'est vrai que ceci tend a me rendre un peu impatient et insatisfait.
Tout dépend de ce que l'on cherche dans le piano. Perso, je ne peux pas me contenter d'un beau son. La virutosité m'attire trop. Je sais que certains ici ne sont pas d'accord avec ce discours, mais je vais pas faire semblant. Je croyais que ca passerait avec le temps, mais 12 ans après mes débuts, J'ai toujours la même rage d'y arriver. J'admire trop la dextérité digitale pour ne pas vouloir l'atteindre. Par exemple, quand je vois ce que fait jemboy, je peux pas m'empêcher d'en rêver même si le personnage est un peut trop abrupt.

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yannis
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Message par yannis » ven. 16 juin, 2006 22:51

appassionata a écrit :Tout dépend de ce que l'on cherche dans le piano. Perso, je ne peux pas me contenter d'un beau son. La virutosité m'attire trop. Je sais que certains ici ne sont pas d'accord avec ce discours, mais je vais pas faire semblant. Je croyais que ca passerait avec le temps, mais 12 ans après mes débuts, J'ai toujours la même rage d'y arriver. J'admire trop la dextérité digitale pour ne pas vouloir l'atteindre. Par exemple, quand je vois ce que fait jemboy, je peux pas m'empêcher d'en rêver même si le personnage est un peut trop abrupt.
je partage la frustration de vouloir qqch et ne pas pouvoir le faire parce que le corps ne suit pas, et aussi le fait de ne faire que des progrès minimes, et de plus en plus petits, voire nuls...

la seule chose qui vient équilibrer la situation c'est la musique elle-même. Le fait de faire constamment de nouvelle découvertes soit dans des nouvelles œuvres, soit dans les mêmes œuvres que l'on rejoue. Et ça personne ne peut te le prendre, ni l'âge, ni le manque d'exercice, ni la mémoire défaillante. Ce que tu découvres, et c'est là toute l'importance de la musique dite classique, ce que tu te découvres cela t'accompagne pour toute ta vie, ça te fait grandir et évoluer. Et ça vaut toutes les frustrations et toutes les peines.

il m'est souvent arrivé d'être frustré par tout ce qui ne marche pas, par l'idée que cela ne marchera plus jamais car j'ai raté le coche. Ça donne envie de tout plaquer. Mais il a suffi de jouer un peu de Schubert ou de Beethoven ou de Schumann ou de Brahms, et je comprenais que mes peines n'étaient rien devant l'immensité de cette musique, immensité qu'il m'était donné de toucher.

Devant la découverte de cette immensité qui se cache dans la musique on est tous égaux, virtuoses ou amateurs, jeunes ou vieux, profs ou élèves, du moment que l'on a l'esprit ouvert et la volonté de découvrir, de comprendre, de se mettre dans la peau du compositeur, de communiquer avec lui. Donc point de jalousie ou de rancœur, on est tous aussi démunis et aussi capables de comprendre.
Es gab eine Zeit, wo ich nur ungern über Schubert sprechen, nur Nächtens den Bäumen und Sternen von ihm vorerzählen mögen. [R. Schumann, 1838]

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Message par appassionata » ven. 16 juin, 2006 23:01

Cette frustration est terrible. Je voudrai tout jouer, tout maitriser.
Le piano, pour moi, c'est a la fois mon rêve et mon cauchemard.
Je peux un jour avoir envi d'envoyer tout ch*** et le lendemain, après une bonne nuit de sommeil et du repos, croire que j'ai enfin atteind mon objectif. Mais tout est remis en question au morceau suivant, et ca recommence a chaque fois....

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yannis
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Message par yannis » ven. 16 juin, 2006 23:06

appassionata a écrit :Cette frustration est terrible. Je voudrai tout jouer, tout maitriser.
Le piano, pour moi, c'est a la fois mon rêve et mon cauchemard.
Je peux un jour avoir envi d'envoyer tout ch*** et le lendemain, après une bonne nuit de sommeil et du repos, croire que j'ai enfin atteind mon objectif. Mais tout est remis en question au morceau suivant, et ca recommence a chaque fois....
en même temps, si tu arrives à jouer parfaitement la Sonate D960 de Schubert (comme Clara Haskil l'a fait), c'est comme si tu as joué toutes les musiques du monde.
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Message par appassionata » ven. 16 juin, 2006 23:08

Je suis pas tres callé en schubert, je connais que les impromptus mais je suis nul en sonate.

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yannis
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Message par yannis » ven. 16 juin, 2006 23:28

appassionata a écrit :Je suis pas tres callé en schubert, je connais que les impromptus mais je suis nul en sonate.
Et ce n'est qu'un exemple. Essaie d'écouter (ou de jouer) la D960 en essayant de te persuader que le temps n'est plus linéaire mais circulaire dans un petit monde infini (petit de l'extérieur, infini quand on est dedans) dans lequel on peut naître et mourir sans connaître l'ennui, sans même savoir ce que c'est. Est-ce qu'on s'ennuie de respirer, est-ce que notre cœur s'ennuie de battre ? Non, et c'est pareil pour cette musique : on y vit dedans. Et on découvre cela à chaque fois de nouveau.
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louna
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Message par louna » sam. 17 juin, 2006 9:10

Je crois aussi que tout le monde passe par là, Appassionata.
Bosser le piano m'énerve beaucoup, me coute, et pourtant, j'y retourne toujours car je n'arrive pas à m'en passer. C'est un véritable plaisir pervers.
Jouer tout plein de notes "avec des crescendo de la mort", le côté virtuose et tout ça. Bah oui, je pense que malgré tout on en rêve tous, et puis quelle frustration....
Je vais peut-être me faire taper dessus, mais je pense aussi qu'il y a des oeuvres qu'il ne faut pas laisser de côté, qui sur le plan "humain" t'apporteront beaucoup plus que d'autres. Essaye les Schubert, jette un oeil ou une oreille dans les 4 ballades de Brahms, par exemple (en particulier la 1ere), Schumann... Ces compositeurs, certaines de ces oeuvres, sont de véritables leçons de vies.

appassionata
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Message par appassionata » sam. 17 juin, 2006 11:18

Je vais m'instrure en schubert........

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Message par appassionata » sam. 17 juin, 2006 11:26

"plaisir pervers"

C'est excatement cela louna. Ma copine me dit toujours qu'elle sent que le piano m'énerve autant au moins qu'il me comble.

appassionata
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Message par appassionata » sam. 17 juin, 2006 11:27

Regardez ce que le papi arrive a faire avec un petit moment musical:

http://www.youtube.com/watch?v=o9Ak7Tk9 ... chubert%20

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yannis
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Message par yannis » sam. 17 juin, 2006 12:11

appassionata a écrit :"plaisir pervers"

C'est excatement cela louna. Ma copine me dit toujours qu'elle sent que le piano m'énerve autant au moins qu'il me comble.
je sais que c'est totalement hors sujet (et que cela ne me regarde pas), mais le fait qu'un garçon s'appelle "appassionata" me paraît très étrange, cela me fait penser à l'oncle Gabriel de la petite Zazie dans Zazie dans le métro de Raymond Queneau. En plus, tu parles de plaisirs pervers... On est en plein dans l'étrange ici... ;-)
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Dirlopiano
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Message par Dirlopiano » sam. 17 juin, 2006 12:26

Je me reconnaîs dans nombre de remarques qui sont exposées ici. Les raisons de l'attachement à l'activité sont multiples, c'est certain.La composante masochiste est indéniable (n'oublions pas l'étymologie de passion = patior, souffrir). A ce sujet, si les progrès de la science permettaient dans quelques années, au prix d'une modification des connexions neuroniques assistée par ordinateur et agrémentée d'une stimulation externe permettant des modifications neuro-musculaires ad hoc immédiates, d'attribuer les qualités pianistiques d'Horowitz à qui le souhaiterait, ça ne m'intéresserait pas d'en bénéficier. Pour moi, c'est la quête qui est importante, le chemin et non l'arrivée. Apprendre, suer sang et eau pour construire des progrès même minimes. Une victoire sur soi - qui est toujours la plus belle (et la plus difficile). Faire quelques chose de son existence autre que la satisfaction des besoins animaux (reproduction (les enfants), construire un abris (la maison)... Je rencontre beaucoup de personnes dont le sens de la vie semble correspondre à l'accumulation de biens matériels (à 30 ans le scénic, à 40 l'espace et à 50 la véranda). Cela me semble un peu misérable. Par ailleurs, dans une société où le vieillissement est de moins en moins bien accepté, il pourrait être intéressant pour certaines personnes en lieu et place de tenter d'en enrayer le processus inéxorable à coup de bistouri, d'accepter le flêtrissement physique en contre-partie d'une augmentation de la qualité de l'individu dans un autre domaine (que seul l'apprentisage permet). Enfin voilà, quelques remarques éparses que vos commentaires m'inspirent sur les fondements de notre attachement compulsif au piano...

appassionata
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Message par appassionata » sam. 17 juin, 2006 13:05

Oula yannis, que d'insinuations!!!
Mon pseudo n'a d'origine que ma passion immodéré pour ce morceau.
De plus il ya bien des femmes pour s'appeler claude?

appassionata
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Message par appassionata » sam. 17 juin, 2006 13:08

Et que dire de george sand? Ah moins que chopinou n'est en fait été qu'une femme déguisé?

Jypé
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Message par Jypé » sam. 17 juin, 2006 13:19

oui, Dirlo, c'est un peu le privilège de l'âge... et j'en abuse. Heureusement.

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egtegt
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Message par egtegt » sam. 17 juin, 2006 22:15

appassionata a écrit :Regardez ce que le papi arrive a faire avec un petit moment musical:
C'est amusant que toi qui te pose en aficionado de la dextérité, tu nous montre justement ce morceau qui ne demande pas de virtuosité, encore que quand on voit comment Horowitz le joue, on peut se le demander :)

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