L'enseignement au conservatoire

Théorie, jeu, répertoire, enseignement, partitions

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nox
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Re: L'enseignement au conservatoire

Message par nox » sam. 01 sept., 2012 18:27

Pour ma part je parlais de ça :
La théorie de la consonance fut étudiée au XIXe siècle par le physicien Hermann Ludwig von Helmholtz à partir du phénomène de résonance. Helmholtz utilisait des sphères creuses (appelées depuis résonateurs d'Helmholtz) munies de deux cols courts tubulaires diamétralement opposés. Lorsque le son contenait un harmonique de fréquence égale à la fréquence de résonance de la cavité du résonateur (ou voisine de celle-ci), cet harmonique était amplifié, ce qui permettait de l'isoler. Grâce à une série de résonateurs de ce type, Helmholtz put déterminer l'intensité des harmoniques d'un son naturel. Dans sa Théorie physiologique de la musique, Helmholtz développa l'idée que la consonance d'un intervalle était d'autant plus grande que les battements entre harmoniques proches l'une de l'autre étaient peu rapides.

On peut définir la consonance par l'état dans lequel la sonorité d'un intervalle musical montre le moindre trouble, ou encore le minimum d'effet sonore — état de pureté acoustique. Il est facile de constater que cet état ne peut être atteint que lorsque les deux sons sont dans un rapport simple de fréquences. Par exemple, si le rapport entre les vibrations de deux sons est de 3 à 2 (soit 3/2), on entendra une quinte ; si le rapport est de 5 à 4 (soit 5/4), ce sera une tierce ; etc. Si ce rapport n'est pas très exactement précis, des perturbations se produiront dans la sonorité, et la sensation de perdre cette pureté acoustique, qui est un phénomène acoustique remarquable, sera vive.
D'où il résulte par exemple qu'une seconde est moins agréable à l'oreille qu'une quinte. C'est en partant de ces principes que la musique (classique occidentale pour les puristes à l'affût) s'est construite implicitement. Ce n'est que récemment avec l'art contemporain qu'elle a décidé de s'en affranchir et de ne plus se soucier que "ça sonne bien".
Attention, je ne fais pas de jugement de valeur. J'ai défendu l'art contemporain dans un autre fil, je ne dis pas que c'est moche ou quoique ce soit. Simplement que naturellement notre oreille trouvera Mozart plus agréable que Stockhausen.
Tout ça pour dire je vous le rappelle, que c'est un peu normal de faire étudier un menuet de Mozart plutôt qu'une pièce de Boulez ou Berio à un gosse de 10 ans...
Lavie a écrit :Cette réalité de l'effet de tel ou tel musique existe, mais ça n'a rien à voir avec l'art. D'ailleurs, les plantes ne feront pas de différence entre Mozart ou de la musique d'ascenseur. Un enfant peut préférer le rouge de tel tableau de Picasso aux couleurs sombre d'un Goya... c'est peut-être "naturel", mais ça ne dit rien du tout sur une supposé "supériorité naturelle et scientifique"...
Mais je ne parlais pas d'art ! Je parlais de sons uniquement. Quant au terme "supériorité naturelle et scientifique" je ne pense pas l'avoir employé, puisque encore une fois il n'est pas question de montrer que Mozart est artistiquement supérieur à Boulez ou quoique ce soit d'autre, mais simplement que notre oreille s'y accoutume plus facilement.

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Re: L'enseignement au conservatoire

Message par nox » sam. 01 sept., 2012 18:42

zarathoustra a écrit : Ensuite soyons sérieux quel est l’intérêt de dire à un enfant si tu veux jouer tu dois d'abord faire une année de solfège.
Le but est de partir en ayant déjà un certain nombre de repères. Sera-ce plus amusant pour un gosse de découvrir le piano directement en tapotant sur quelques touches ? Pas sûr, je sais que pour ma part le piano m'a barbé pendant quelques années avant que j'y prenne du plaisir, solfège ou pas, jouer des petits morceaux comme ça, ça n'est jamais super rigolo. A la limite le solfège avec mes petits camarades, c'était pas forcément pire.
zarathoustra a écrit :Je ne crois pas utile un seul instant d'apprendre toutes les clefs et faire des dictés musicales à 10 voix pour quelqu'un qui veut simplement jouer de son instrument pour se faire PLAISIR!
Mais comment faire la différence entre un gosse qui jouera pour son plaisir uniquement et un autre qui en fera sa profession plus tard ? Le but du conservatoire c'est aussi de permettre à ceux qui veulent devenir professionnels de le devenir. De plus, en solfège il n'y a pas que des pianistes, donc il faut bien faire lire en clé de sol, de fa, et d'ut.
zarathoustra a écrit : Cette logique de concours ou d'examens est aussi pour moi à proscrire. Quel est l’intérêt de juger des progrès selon les canons d'une pseudo normalité. Tout le monde ne va pas au même rythme, chaque personne est unique avec une histoire et une motivation propre.
Le but des examens n'est pas pour moi de juger, mais de mettre des jalons. Il faut bien savoir où on en est dans sa progression. Pour le reste comme je l'ai dit, évidemment les conservatoires doivent pouvoir former des futurs professionnels. Après, une fois le CFEM passé chacun est libre de choisir s'il souhaite être professionnel ou pas, et c'est vrai que pour ceux qui ne souhaite pas l'être il n'y a plus trop d'alternative, et plus de cursus adapté. En ça je suis d'accord, c'est un peu dommage.
zarathoustra a écrit : Imposer un répertoire qui en plus n'est pas toujours de qualité, sans demander l'avis de l'élève, encore une fois je n'en vois pas l’intérêt.
On ne m'a pratiquement jamais rien imposé, du moins à partir du moment où j'ai été capable de choisir :)
zarathoustra a écrit : Dernière chose que je trouve dommage (qui s'explique encore par ce que je pense être une volonté de professionnalisation) : Passé un certain âge, impossible de rentrer au conservatoire. N'avoir pas commencé à 7 ans serait donc encore une erreur et ne faisant pas partie du moule imposé on devrait resté sur le carreau. Cette stupide réalité véhicule en plus cette idée fausse qu'un adulte serait incapable d'apprendre un instrument.
Il y a des classes pour adultes, mais très rares, il est vrai, ce qui est logique car c'est difficile de mettre sur pied une structure adaptée. Si ces personnes ne veulent pas apprendre le solfège, ni passer d'examen, quel serait l'intérêt de passer par le conservatoire par rapport aux cours privés ? Et s'ils veulent tout cela, difficile de mettre sur point des classes et de trouver des horaires...
zarathoustra a écrit : Bref, pour moi le conservatoire est une institution un peu hypocrite destiné à professionnaliser ses élèves à terme. Je m'inscris contre cette démarche qui tient éloigné d'elle les notions d'épanouissement, d'enrichissement, de culture, et surtout de PLAISIR!
Tu penses en fait qu'il faudrait des établissements distincts pour les futurs professionnels et pour les amateurs ?
Modifié en dernier par nox le sam. 01 sept., 2012 19:19, modifié 1 fois.

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jean-séb
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Re: L'enseignement au conservatoire

Message par jean-séb » sam. 01 sept., 2012 19:07

nox a écrit :Pour ma part je parlais de ça :
La théorie de la consonance fut étudiée au XIXe siècle par le physicien Hermann Ludwig von Helmholtz à partir du phénomène de résonance.[...]
D'où il résulte par exemple qu'une seconde est moins agréable à l'oreille qu'une quinte.
C'était déjà la théorie de Rameau, plus intuitive, moins expérimentale qu'avec Helmholtz. Mais ta conclusion ne me paraît absolument pas amenée logiquement. Ce "d'où il résulte", il est dans ta tête qui est persuadée que les choses "naturelles", avec des jolis rapports mathématiques bien propres, sont ressenties plus agréablement par nous. Mais il n'y a rien dans la théorie de Rameau ou Helmholtz qui permette de conclure ainsi (même si c'était aussi probablement leur avis) ; la consonance est un phénomène physique indéniable, mais l'amour de la consonance ou la répulsion de la dissonance est un acquis de l'individu (amha, bien sûr).
Par exemple, dans d'autres domaines, celui des couleurs, je ne crois pas qu'on se préoccupe beaucoup de savoir si on préfère associer entre elles deux couleurs qui tombent dans un beau rapport mathématique comme la quinte ou la tierce majeure ; il me semble qu'on aime au contraire les frottements de fréquences.
Dans le domaine des proportions architecturales, ce ne sont pas les proportions justes comme 2 ou 3/2 qu'on va trouver les plus harmonieuses naturellement, mais celles basées sur le nombre d'or.
Tout cela est une question d'environnement culturel et d'apprentissage.
Dans la musique arabe, qui repose sur un autre apprentissage, la quinte n'est pas mieux considérée que la seconde. Ni l'une ni l'autre n'ont d'importance. En revanche, la musique pourra progresser par quarts de ton, et ça semblera parfaitement naturel à une oreille habituée. Et il n'a pas manqué de musiciens et philosophes arabes pour établir eux aussi des correspondances entre leur système musical et la nature !
De toutes façons, cette discussion est quand même en partie spéculative, car tous autant que nous sommes sur ce forum, nous sommes évidemment plutôt formatés pour la musique classique. Mais on peut en avoir conscience ou pas.

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Re: L'enseignement au conservatoire

Message par nox » sam. 01 sept., 2012 19:18

jean-séb a écrit :mais l'amour de la consonance ou la répulsion de la dissonance est un acquis de l'individu
Je peux répondre de la même manière, "ça c'est dans ta tête" :)
Il y a quand même pas mal d'études sur le sujet il me semble (par exemple ici). Il faudrait se plonger dedans.
Je me souviens que j'ai quelque part dans ma bibliothèque un bouquin très intéressant sur nos rapports aux sons (il s'appelle simplement "L'oreille" je crois). Il faudrait que je remette la main dessus.

Pour moi une quinte sera toujours naturellement mieux perçue qu'une seconde (d'ailleurs je pense qu'il y a beaucoup plus de civilisations qui considère cet accord comme consonant plutôt que dissonant). Il y a des contre-exemples uniquement parce que certaines cultures ont éduqué l'oreille différemment, mais je pense que les contre-exemples sont rares.

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Re: L'enseignement au conservatoire

Message par jean-séb » sam. 01 sept., 2012 19:30

nox a écrit :Je peux répondre de la même manière, "ça c'est dans ta tête" :)
Absolument, c'est d'ailleurs pourquoi j'ai ajouté encore quelque part un "amha" !
Il y a des contre-exemples uniquement parce que certaines cultures ont éduqué l'oreille différemment
Tiens, on est donc d'accord ! :wink:

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Re: L'enseignement au conservatoire

Message par bach_addict » sam. 01 sept., 2012 22:11

Je ne suis pas convaincu par L hypothèse du formatage concernant le ressenti des écarts
Mais comme dit jean seb qu'on y croit ou pas le résultat est le même étant donné notre parcours musical.
J aurais de la peine pour un enfant qu' on obligerait à écouter à dose égale du boulez et du Mozart afin de s assurer que le petit ne soit pas "formaté"
Si la musiQue arabe ne distingue pas entre secondes et quintes...elle en est aussi restée à un stade de développement plutôt primitif par rapport à la nôtre (selon des critères plus ou moins objectivables bien sur) il me semble qu' elle en est restée à ce pourrait être l équivalent de notre musique médiévale. Des règles nouvelles apparaîtront peut être un jour...
Dire qu' une dissonance n'est ressentie comme telle qu' à cause de son éducation musicale me semble presque équivalent à dire que l on pourrait ressentir du plaisir à se faire écraser le pied pour peu qu'on y ait été habitué étant petit.
Quant au caractère arbitraire des intervalles consonnants, il faut rappeler que ce sont des intervalles que vous entendez quand vous jouez une unique note au piano...octaves et quintes inférieures et supérieures sont toujours presentes quand une corde vibre, c'est la physique qui le prévoit. Ce sont donc des intervalles qui sont familiers à tout auditeur d un instrument à corde.
Peut être que si nous avions une physique différente nous serions habitués à d autres intervalles, mais nous n avons pas le choix que d aimer naturellement octave et quinte, sauf à trouver laid le son d une unique note sur un piano ...
Ce qui arrive avec certains pianos chinois bien sur mais c'est un autre débat...:-)
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Lavie
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Re: L'enseignement au conservatoire

Message par Lavie » sam. 01 sept., 2012 22:20

Si la musiQue arabe ne distingue pas entre secondes et quintes...elle en est aussi restée à un stade de développement plutôt primitif par rapport à la nôtre (selon des critères plus ou moins objectivables bien sur)
C'est-à-dire ? Tu parles de critères sans en donner un seul. Je parlerais plutôt de sentiment personnel. :wink: La musique savante arabe n'est pas moins développée, elle s'est développé différemment... Ce n'est pas tout à fait la même chose. J'ai aussi un peu de difficulté avec le terme "la nôtre" qui est pour le moins maladroit. On ne forme pas une club homogène à ce point de vue j'ose espérer... Par exemple, je pourrais être à moitié indien moitié arabe, avec un poil de bagnard français. :mrgreen:
Modifié en dernier par Lavie le sam. 01 sept., 2012 22:48, modifié 1 fois.
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Re: L'enseignement au conservatoire

Message par bach_addict » sam. 01 sept., 2012 22:31

C'est simplement une musique qui n a pas encore connu la révolution technique que permet l écriture...des lors, tradition orale obligatoire qui limite la taille et la complexité des compositions.
Comme pour nos troubadours...
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Re: L'enseignement au conservatoire

Message par Merlin » sam. 01 sept., 2012 22:43

bach_addict a écrit :Si la musiQue arabe ne distingue pas entre secondes et quintes...elle en est aussi restée à un stade de développement plutôt primitif par rapport à la nôtre
Ah bon? :D
bach_addict a écrit :Quant au caractère arbitraire des intervalles consonnants, il faut rappeler que ce sont des intervalles que vous entendez quand vous jouez une unique note au piano..
Ah bon? :lol:

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Re: L'enseignement au conservatoire

Message par Lavie » dim. 02 sept., 2012 12:49

Un article plutôt bien fait sur la notion de consonance (qui traite à la fois de l'aspect "physique" et culturel) :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Consonance_%28musique%29
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Alice-Js
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Re: L'enseignement au conservatoire

Message par Alice-Js » dim. 02 sept., 2012 14:46

Je n'ai qu'une chose à dire concernant l'apprentissage musicale d'une personne adulte ou jeune.. :wink:

Un enfant, à l'âge de 2ans il est à l'écoute du monde. C'est à dire qu'il associe des objets, des sensations, des gestes avec des mots qui leur correspondent.
A l'âge de 2 à 6ans il apprend à parler. C'est à dire qu'il commence à répéter certains mots,puis des phrases jusqu'à maîtriser les sonorités du langage qu'il a reçu pour finalement s'exprimer, parler.
A partir de 6ans, l'enfant apprend à lire et à écrire. Il a fait un lien entre les signes qui représente des mots qu'il entend et les utilise. Ensuite, arrive des règles grammaticales, analyses de textes etc.. (bref, le CP!)

La formation du langage musical doit suivre exactement la même évolution, pour un débutant qu'il soit adulte, âgé, ou enfant.
La musique est un langage (en ce qui concerne la musique classique). Ce langage s'adresse à la sensibilité par l'intermédiaire de sensations sonores.
En bref, comprendre la musique c'est la ressentir. Lire la musique c'est l'entendre. C'est pourquoi en majorité, les profs de musique incite les élèves à chanter en cours!
La sensibilisation aux phénomènes sonores doit être le point de départ et le but de tout enseignement musical. Les signes musicaux ne sont que des intermédiaires permettant de matérialiser ces sensations.

Voici mon avis pour l'enseignement musical. Seulement, plus tôt l'élève commencera, mieux ce seras! :lol:
Pour le conservatoire, c'est effectivement un long débat..

Syl
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Re: L'enseignement au conservatoire

Message par Syl » dim. 02 sept., 2012 14:49

Mon expérience d'il y a une trentaine d'années :wink: J'ai étudié quelques années dans un CRR (6 ans il me semble) : j'en garde un souvenir assez traumatisant :roll:
Pour le solfège (c'était le terme à l'époque), aucun problème : dictées musicales, lecture chantée, lecture de pratiquement toutes les clés mais je n'arrive pas à me souvenir d'avoir eu des cours d'harmonie. Vraiment dommage :| J'ai arrêté les cours de solfège en Moyen (correspondance possible, fin de 2ème cycle ?)
Pour le piano : j'allais à mes cours la peur au ventre. Après avoir passé le concours d'entrée, on m'a affecté à un prof (aucun choix possible). Un prof qui passait son temps à me hurler dessus. Pas de possibilité d'en changer (ou du moins il aurait peut-être fallu faire certaines démarches) Des examens 2 fois par an. Le redoublement n'était permis que si l'âge limite pour un niveau n'était pas atteint. Est arrivée une année où je ne pouvais plus me permettre de redoubler et bien sûr j'ai raté l'exam : 13,75 au lieu des 14 requis. Exit le conservatoire pour le piano.
Je pense que c'était une certaine politique de la part de la Direction de l'époque : ne garder que les "meilleurs". Nous étions très nombreux dans les "petites" classes et chaque année de moins en moins. Un pourcentage très faible se retrouvait au final à passer la médaille.
Toujours est-il que la confiance en soi en prend un sacré coup :roll: J'ai bien sûr voulu arrêté le piano. Mes parents m'ont inscrit de force dans une école de musique privée. C'est à partir de ce moment là que j'ai trouvé plaisir à jouer du piano :D

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Lavie
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Re: L'enseignement au conservatoire

Message par Lavie » dim. 02 sept., 2012 15:52

J'ai bien sûr voulu arrêté le piano. Mes parents m'ont inscrit de force dans une école de musique privée. C'est à partir de ce moment là que j'ai trouvé plaisir à jouer du piano
Salut ! Concrètement, qu'est-ce qui a fait que tu as trouvé le plaisir de jouer ? :wink:
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Re: L'enseignement au conservatoire

Message par psychelau » dim. 02 sept., 2012 18:54

Je ne veux pas généraliser, mais donner à mon tour mon expérience.

J'ai la chance d'être inscrit dans un conservatoire ouvert également aux adultes. C'est assez rare pour être souligné, et cela permet à des gens comme moi de commencer l'étude d'un instrument.

Il y a également des ateliers jazz, rock, improvisation musicale, etc, ce qui est super pour s'éveiller un maximum et ne pas rester enfermé dans un schéma "trop classique". Ceci dit pour quelqu'un comme moi qui a véritablement haï la musique à l'école, c'est un vrai plaisir de découvrir ce que la musique a à nos offrir. Mais parralèllement j'apprends seul des morceaux plus contemporains également.

Je trouve très bien que ce soit organisé en années, car on voit où on commence et vers où on va, le prof organise une vraie progression, avec un programme, etc, et le fait d'avoir des cours régulièrement oblige à bosser chez soi. Donc je préfère cela à l'autoapprentissage (plusieurs échecs) et les cours particuliers.

Un avantage du conservatoire sur les multiples écoles de musique" qui prolifèrent c'est aussi de donner goût à l'instrument. Mes profs m'ont poussé à avoir un piano acoustique, et je comprends vraiment pourquoi. je comprends que par nécessité on ne joue qu'au numérique au casque, mais je regrette que dans un certains nombre d'école de musiques on apprenne le piano QUE sur des numérique sans introduction à l'instrument acoustique...

Enfin les auditions permettent de jouer face à un public, ce qui est également agréable, de faire plaisir aux autres avec la musique et pas seulement à soi même...

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Gracou
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Re: L'enseignement au conservatoire

Message par Gracou » lun. 03 sept., 2012 8:14

Omg, absent deux jours du forum, il va m'en falloir autant pour rattraper le retard que j'ai pris dans les discussions! #-o :mrgreen:
La différence entre un fou et moi, c'est que je ne suis pas fou. Salvador Dali.

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Re: L'enseignement au conservatoire

Message par Syl » lun. 03 sept., 2012 21:51

Lavie a écrit :
J'ai bien sûr voulu arrêté le piano. Mes parents m'ont inscrit de force dans une école de musique privée. C'est à partir de ce moment là que j'ai trouvé plaisir à jouer du piano
Salut ! Concrètement, qu'est-ce qui a fait que tu as trouvé le plaisir de jouer ? :wink:
Une prof assez sympa qui m'encourageait et ne hurlait pas, plus d'examens, prendre le temps pour travailler les morceaux... Bref n'être plus en stress permanent :)

Gracou
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Re: L'enseignement au conservatoire

Message par Gracou » mar. 04 sept., 2012 9:32

L'exemple des musiques orientales me semble fort judicieux quant à la question des consonances/dissonances. Dans ces zones du monde, le quart de ton fait partie du système (de même que certaines berceuses turques sont en 5/4 :mrgreen: ) et les gens estiment que c'est "naturel".

Les intervalles les plus utilisés relèvent souvent plus de choix esthétiques effectués sur le long terme que d'un prétendu lien avec la nature. S'en suit une construction artificielle (et donc culturelle) des modes employés. Le découpage de l'octave en douze demi-tons se voulant égaux est assez récent, ça devrait suffire à prouver que ce n'est pas naturel, auquel cas ça aurait été effectué il y a bien longtemps déjà et universellement.

La perception d'intervalles perçus comme consonants ou dissonants a d'ailleurs évolué avec le temps. La tierce majeure faisait ainsi partie des intervalles jugés dissonants pendant des siècle. Aujourd'hui, elle est même présente dans les berceuses. Les attractions générées autour des fondamentales et dominantes ont largement évoluées elles aussi au cours du temps et les sensibles ou neuvièmes mineures n'ont pas toujours été de mise, de même que les nombreux chromatismes romantiques.

La musique et les goûts musicaux se transmettent dès le plus jeune âge, au berceau. Nous sommes conditionnés selon l'endroit où nous grandissons, notre entourage, etc. C'est encore plus accentué depuis la radio, la télé, la musique dans les centres commerciaux, etc. Je serais curieux de savoir combien de milliers d'heures de musique tonale un enfant de cinq ans a déjà eu l'occasion d'entendre. :mrgreen: Le fait de trouver ensuite cette musique naturelle s'explique probablement de cette manière.

Je croyais que le débat naturel/culturel était à peu de chose près réglé depuis deux ou trois générations. Je constate qu'il n'en ait rien, mais je m'en méfie personnellement au plus haut point.

Qu'il y ait des dissemblances naturelles entre les hommes quant à la couleur de la peau par exemple, c'est l'évidence même, mais de là à dire que génétiquement nous serions pré-orientés vers telles préférences musicales, l'idée me fait à la fois sourire et frémir. :?

Je me souviens d'avoir assisté à une interview publique d'Archie Shepp durant laquelle il avait dit que les blancs ne pouvaient pas jouer le blues aussi bien que les noirs car ils n'avaient pas dans leur histoire ce qui avait fait les racines de cette musique, à savoir l'esclavage, etc (il est extrêmement branché sur ces questions là). La salle n'a pas bronché :shock: .
Si j'avais eu plus de culot que ce que j'en avais à l'époque (et si je m'étais mieux débrouillé en anglais #-o ) je lui aurais volontiers demandé s'il pensait de la même manière que les noirs ne pouvaient pas aussi bien jouer Chopin ou Mozart que les blancs, du fait qu'ils n'aient pas dans leur histoire... (Blablabla).
La différence entre un fou et moi, c'est que je ne suis pas fou. Salvador Dali.

nox
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Re: L'enseignement au conservatoire

Message par nox » mar. 04 sept., 2012 10:14

Gracou a écrit : Les intervalles les plus utilisés relèvent souvent plus de choix esthétiques effectués sur le long terme que d'un prétendu lien avec la nature. S'en suit une construction artificielle (et donc culturelle) des modes employés. Le découpage de l'octave en douze demi-tons se voulant égaux est assez récent, ça devrait suffire à prouver que ce n'est pas naturel, auquel cas ça aurait été effectué il y a bien longtemps déjà et universellement.

La perception d'intervalles perçus comme consonants ou dissonants a d'ailleurs évolué avec le temps. La tierce majeure faisait ainsi partie des intervalles jugés dissonants pendant des siècle. Aujourd'hui, elle est même présente dans les berceuses. Les attractions générées autour des fondamentales et dominantes ont largement évoluées elles aussi au cours du temps et les sensibles ou neuvièmes mineures n'ont pas toujours été de mise, de même que les nombreux chromatismes romantiques.
Ces deux points montrent simplement que l'oreille peut être éduquée. Ce n'est pas incompatible avec le fait que certains accords sont naturellement plus consonants que d'autres...
Pour moi le terme consonant a une définition physique : "La consonance d'un intervalle en tant que phénomène acoustique est liée à la pureté de cet intervalle, qui peut être défini par l'absence de battement audible ou par la correspondance des harmoniques des deux sons formant l'intervalle (rapports de fréquences simples)". Il en résulte que je ne pense pas qu'il existe une culture considérant la quinte, la quarte ou l'octave comme une dissonance. Pour les autres intervalles, c'est plus subtils et l'éducation de l'oreille joue en effet un rôle important.

Mais là on est partis super loin...On parle de conservatoire, dans notre petit monde occidental, donc dans ce système là quand je parle de consonance et dissonance normalement on a tous la même définition.
Donc je pense qu'on peut quand même largement dire que Mozart est, dans notre contexte occidental, plus consonant que Boulez ou Stockhausen, et que par conséquent il est normal que les compositeurs contemporains ne soient étudiés que plus tard dans le cursus, et avec un peu plus de parcimonie !!

Praeludium
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Re: L'enseignement au conservatoire

Message par Praeludium » mar. 04 sept., 2012 10:50

Mais tout ça ne marche que si l'on considère que toute la musique contemporaine est dissonante ce qui n'est franchement pas le cas :mrgreen:
(j'ai l'impression qu'on tourne en rond)

nox
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Re: L'enseignement au conservatoire

Message par nox » mar. 04 sept., 2012 10:55

Non mais là faut quand même pas déconner. Je veux bien être ouvert au débat, mais dans les limites du raisonnable. Globalement si, la musique contemporaine est plus dissonante que le reste du répertoire. Faut arrêter de couper les cheveux en quatre hein :mrgreen:

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