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LA TESSITURE
Moins de cinq octaves
Selon l'inventaire des instruments de Ferdinand de Médicis, établi
en 1700, le premier piano à queue conçu par Cristofori possédait 49 touches
allant de do1 à do5. Les témoins conservés,
construits par Cristofori, corroborent cette description: ils possèdent
un ambitus de quatre octaves complètes.
Dans les années suivantes, la tessiture va progressivement s'étendre comme
l’illustre, par exemple, le pianoforte de Gottfried Silbermann daté de
1745 environ dans lequel elle s'étend de fa-1 à ré5,
soit quatre octaves et une sixte.
Cinq Octaves
A partir de 1775 environ, on constate une uniformisation de la
tessiture des pianoforte. Les instruments de l'époque classique sont munis
d'un clavier de cinq octaves, de fa-1 à fa5,
quelle que soit leur origine. Les seules exceptions à cette norme sont,
parmi les instruments observés, le pianoforte d'Anton Walter, fabriqué
à Vienne vers 1785 et celui de Pascal Taskin, fabriqué à Paris en 1788,
qui s'étendent tous deux jusqu'au sol5.
Cinq octaves et demie
Les premiers pianos à queue de cinq octaves et demie, auraient
été fabriqués par la firme londonienne Broadwood dès 1790. Le plus ancien
témoin que nous avons pu observer, possédant un ambitus accru d'une quinte
dans le registre aigu, est un pianoforte de John Broadwood & Son daté
de 1794. A partir de cette date, l'étendue de fa-1 à
do6 se généralise, du moins dans la facture anglaise
et française. Elle constitue l'ambitus standard jusqu'en 1808 environ.
Les instruments provenant des centres de facture allemande ou autrichienne
semblent se cantonner dans un ambitus plus restreint de cinq octaves et
une seconde ou de cinq octaves et une tierce.
Six octaves
Le clavier de six octaves devient usuel à partir de 1808 bien
que quelques pianos à queue de cette étendue soient antérieurs à cette
date. Les Anglais élargissent la tessiture dans le registre grave, obtenant
donc un instrument allant de do-1 à do6
alors que les Allemands et les Autrichiens accroissent le clavier dans
l'aigu de fa-1 à fa6! Cette différence
ne s'applique qu'aux pianos à queue. Remarquons également que la firme
Erard, représentative de la facture française, suit le modèle allemand
ou viennois en ce qui concerne la tessiture des instruments, alors qu'au
niveau des mécaniques, elle suit la facture anglaise.
Plus de six octaves
Les pianos à queue de six octaves et demie datent, en dehors des
prototypes, des années 1820. Mais il ne faut pas, bien entendu, "
céder à la vision simplificatrice considérant que l'apparition d'une tessiture
plus grande efface des modèles à l'étendue plus restreinte ". En
fait, de 1820 à 1850, il n'y a pas réellement d'étendue standardisée.
Le plus récent témoin de six octaves observé est l'instrument de N. Streicher
& Sohn, fabriqué à Vienne en 1828, plus récent témoin si l'on excepte
trois pianoforte anglais " semi-grands ", précurseurs des quart-queues
actuels: celui de John Broadwood & Sons de c. 1838 et ceux de Robert
Wornum de c. 1835 et 1837. Ces trois pianos à queue s'étendent de fa-1
à fa6.
Six octaves et une seconde
Il semble que ce soient exclusivement des instruments viennois
qui présentent une étendue de six octaves et une seconde, de fa-1
à sol6.
Six octaves et une quarte
Plusieurs pianos à queue viennois datés de 1815 à 1825 ainsi que
des pianos à queue anglais, français et belge datés de 1822 à 1840 présentent
un ambitus de six octaves et une quarte, de do-1 à fa6.
Six octaves et une quinte
Nous avons relevé une vingtaine de pianoforte d'une tessiture
de six octaves et une quinte, de do-1 à sol6,
ce qui équivaut à six octaves et une quinte. Il s'agit d’instruments viennois
datés en majorité de 1825 à 1840, de deux pianoforte de Leipzig construits
respectivement aux environs de 1847 et 1848, et des pianoforte de la firme
Pleyel postérieurs à 1831. Aucun instrument anglais ne possède d'étendue
de six octaves et une quinte.
Six octaves et une sixte
La tessiture de six octaves et une sixte, de do-1
à la6, semble caractériser des pianos queue viennois
et berlinois de 1830 à 1845 environ.
Sept octaves
Enfin, les pianos à queue d'une étendue de sept octaves sont tous
postérieurs à 1845. Cette tessiture couvre, dans la majorité des cas,
l'ambitus de la-2 à la6.
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